« Sophia Chikirou, candidate LFI à la mairie de Paris, face à un procès pour escroquerie »

  • janvier 12, 2026
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Sophia Chikirou, candidate La France Insoumise (LFI) à la mairie de Paris, se trouve au cœur d’une tempête judiciaire. Elle sera jugée en mai prochain pour des accusations d’escroquerie, un procès qui, selon ses dires, aurait pour but de l’affaiblir avant les élections municipales de mars 2026.

EN BREF

  • Le procès de Sophia Chikirou est prévu pour le 12 mai 2024.
  • Elle est accusée d’escroquerie au préjudice du site d’actualités, Le Média, mais dénonce un règlement de comptes.
  • LFI espère consolider sa position dans les prochains conseils municipaux, alors que la concurrence s’intensifie.

Ce procès, qui se déroulera le 12 mai 2024, est consécutif à des faits présumés qui remontent à juillet 2018. Selon l’Agence France-Presse, il s’agit d’un simple différend commercial que Chikirou prétend avoir déjà réglé.

La candidate est soupçonnée d’avoir tenté, à plusieurs reprises, de tromper la banque Crédit du Nord au détriment de son ancien site d’information, Le Média, qu’elle a cofondé. Les enquêteurs allèguent que ses tentatives visaient à obtenir un virement de plus de 67 000 euros vers sa société de conseil en communication, Mediascop.

Les accusations reposent sur un début d’exécution : Chikirou aurait agi en tant que présidente de Le Média alors qu’elle n’en avait plus la qualité, formulant une demande de virement qui n’a finalement pas été exécutée en raison d’un manque de fonds sur le compte.

Aucun plaignant ni préjudice, se défend-elle

La divulgation de ce procès a suscité la réaction vive de Sophia Chikirou, qui souligne qu’elle est la seule candidate investie par LFI pour les municipales de mars 2026. Elle déclare : “Le parquet de Paris décide de me faire un procès en pleine campagne au sujet d’une affaire datant de 2018, qui concerne un différend commercial entre deux sociétés.”

Chikirou insiste sur le fait que les deux entreprises ont trouvé un terrain d’entente depuis, et que l’affaire ne comporte ni plaignant ni préjudice avéré. Elle considère cela comme un stratagème du ministère public, visant à nuire à sa campagne, affirmant que “l’affaire est éminemment politique”.

Pour LFI, le succès des élections municipales est d’une importance cruciale, car le parti souhaite élargir sa présence dans les conseils municipaux, où il ne dirige actuellement qu’un nombre limité de communes.

Une figure de premier plan de LFI

Sophia Chikirou, 46 ans, a grandi en Haute-Savoie dans un milieu populaire. Depuis 2022, elle est députée et conseillère régionale. Sa notoriété politique a décollé grâce à son implication dans la communication des campagnes présidentielles de Jean-Luc Mélenchon en 2012 et 2017, faisant d’elle une personnalité influente au sein de LFI.

En septembre 2024, elle a également été mise en examen pour escroquerie aggravée, dans le cadre d’une enquête sur les comptes de campagne de Mélenchon pour l’élection de 2017. Les enquêtes relatives à ce dossier sont toujours en cours, tandis qu’elle conteste les accusations. Les investigations portent notamment sur des surfacturations qui pourraient avoir nui à l’État.

Dans ce paysage politique délicat, il est à noter que Sophia Chikirou n’est pas la seule candidate à la mairie de Paris à avoir des démêlés judiciaires. La ministre Rachida Dati fait également l’objet de plusieurs enquêtes, dont une a conduit, en décembre dernier, à des perquisitions à son bureau et à son domicile. Mme Dati est également attendue au tribunal en septembre 2026 pour des accusations de corruption et de trafic d’influence.

Alors que les élections municipales se profilent à l’horizon, le climat politique s’annonce particulièrement tendu. Les conséquences du procès de Chikirou pourraient non seulement influencer sa carrière, mais également le futur politique de LFI à Paris.