Macron qualifie Maduro d’irresponsable et de disciple de Trump, les critiques s’intensifient

  • janvier 12, 2026
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Ces derniers jours, le président français Emmanuel Macron a fait l’objet de nombreuses critiques. Son absence de condamnation suite à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis a suscité des réactions vives, tant au sein de l’opposition que dans son propre camp politique. Ses adversaires n’ont pas tardé à le qualifier de « disciple » de Donald Trump et à l’accuser d’une position ambiguë, alignée sur les intérêts américains plutôt que sur une véritable défense des droits internationaux.

EN BREF

  • Emmanuel Macron critiqué pour son absence de condamnation de l’action américaine contre Maduro.
  • Opposition politique s’insurge contre un alignement jugé dangereux sur la position des États-Unis.
  • Le gouvernement défend une position de respect envers la souveraineté du peuple vénézuélien.

Un manque de prononciation jugé irresponsable

Lors d’une interview, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a déclaré que la réaction de Macron était à la fois « aveugle » et « irresponsable ». De Villepin, connu pour son opposition à l’intervention américaine en Irak en 2003, a souligné que le président français semblait chercher à ne pas froisser Washington, espérant mettre en avant sa propre position sur des sujets tels que le conflit en Ukraine. Cette stratégie d’approche prudente a été interprétée comme un manque de courage face à une situation délicate.

La défense étriquée du gouvernement

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a tenté de défendre la position du gouvernement sur France 2, soulignant que « la méthode employée contrevenait aux principes du droit international ». Il a expliqué que, bien que l’usage de la force puisse être permis dans certains cas, il doit toujours être encadré par des règles. L’entourage de Macron a par ailleurs insisté sur le fait que la position française est cohérente et qu’elle repose sur le respect de la souveraineté du peuple vénézuélien.

Pourtant, le malaise persiste au sein même des rangs du parti présidentiel. Les critiques se multiplient, allant même jusqu’à susciter des remous chez certains proches de Macron. L’eurodéputée Nathalie Loiseau a affirmé que vouloir imposer un ordre politique de l’extérieur est non seulement « contraire au droit international », mais aussi voué à l’échec.

Les réactions de l’opposition

L’un des aspects les plus marquants de cette situation est l’unanimité des critiques qui transcendent les clivages politiques. Le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, a déclaré que Macron « a du mal à parler de la souveraineté des États » et a accusé le président d’être un homme « aligné sur tout le monde et sur personne ».

De son côté, Jean-Luc Mélenchon, leader des Insoumis, a également dénoncé la position de Macron, appelant à un retour de Maduro. Il a évoqué un « consensus transpartisan » en France contre le « suivisme inconditionnel » des États-Unis, posant ainsi la question d’un équilibre nécessaire dans la politique étrangère française.

Les critiques expriment également une inquiétude plus large au niveau du droit international. Plusieurs voix, dont celle de l’ancienne ministre Agnès Pannier-Runacher, s’accordent à dire que le droit international ne doit pas être perçu comme une « variable d’ajustement ». La défense des libertés fondamentales et le respect des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes ne peuvent justifier des interventions armat. Cette préoccupation commune reflète un malaise vis-à-vis des répercussions que pourrait avoir une telle décision sur la scène internationale.

Alors que l’avenir du Venezuela reste incertain, le discours et les actions de la France sur ce dossier pourraient avoir des conséquences durables sur ses relations diplomatiques. Dans un monde où les enjeux géopolitiques sont de plus en plus complexes, le choix de la stratégie à adopter pourrait bien définir non seulement le mandat de Macron, mais également la vision française sur le plan international dans les années à venir.