Réaction de la classe politique française face à la  capture et exfiltration  de Maduro

  • janvier 12, 2026
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La récente intervention des États-Unis, qui a abouti à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, marque un tournant historique. C’est la première fois qu’un président en exercice est ainsi déchu depuis la déposition de Manuel Noriega en 1989. Ce procédé a provoqué des réactions variées au sein de la classe politique française, un sujet de dissension qui s’est exprimé ce samedi 3 janvier. Les opinions vont d’une ferme dénonciation de l’intervention militaire par la gauche à un soutien isolé, mais clair, par certains éléments de droite.

EN BREF

  • Les États-Unis ont capturé le président Maduro, provoquant un tollé politique en France.
  • Les réactions vont de la condamnation de l’intervention à un soutien généralement isolé.
  • Le ministère français des Affaires étrangères a affirmé son attachement à la Charte des Nations Unies.

Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France Insoumise, a été l’un des premiers à réagir. Traditionnellement défenseur du régime vénézuélien, il a qualifié cette action de violation de la souveraineté nationale. Il a évoqué un « enlèvement odieux » et a dénoncé une intervention militaire qui rappelle des pratiques d’un autre âge.

Pour lui, la lutte contre le narcotrafic n’est qu’un prétexte pour justifier l’ingérence des États-Unis. Dans cette foulée, La France Insoumise a appelé à des rassemblements pour exprimer leur solidarité envers le peuple vénézuélien, une position qui a été également adoptée par le Parti communiste français.

En face, le Parti Socialiste a pris position. Olivier Faure a rappelé que, peu importe les opinions sur Maduro, la force ne doit en aucun cas remplacer le droit. Ce faisant, il a aussi interrogé la réactivité de l’État français, appelant à la mobilisation de la diplomatie.

Cependant, la réponse du président Emmanuel Macron n’est venue qu’en fin de journée. Dans des échanges avec d’autres chefs d’État de la région, il a pris acte de cette intervention américaine tout en affirmant que le peuple vénézuélien ne peut que se réjouir de la fin de la dictature. Il a fait appel à une transition démocratique, sans toutefois ouvrir un débat sur la légitimité de l’action américaine.

Les Réactions Officielles Françaises

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé l’opération militaire, arguant qu’elle contredit les principes fondamentaux du droit international. Il a rappelé que Nicolás Maduro a porté atteinte à la dignité du peuple vénézuélien, mais que l’intervention extérieure ne pourrait engendrer une solution durable. Ce dernier a souligné que « la multiplication des violations de ce principe aurait de lourdes conséquences sur la sécurité mondiale ».

Dans un élan similaire, Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, a rappelé l’importance du respect des principes du droit international. Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères, a appuyé cette position en dénonçant un acte qui pourrait fragiliser l’ordre international établi depuis la Seconde Guerre mondiale.

À l’opposé, Gabriel Attal a dénoncé l’hypocrisie des déclarations de façade et a appelé à une réponse plus active. Il estime que la légitimité de la voix du peuple vénézuélien doit prendre le pas sur des intérêts extérieurs.

Une Vision Partagée de l’Instabilité

Jordan Bardella a pris position contre le renversement d’un gouvernement par la force, soulignant que cela ne ferait qu’accroître l’instabilité géopolitique. Tout en reconnaissant les critiques valables à l’encontre de Maduro, il a affirmé que le respect des intérêts du peuple est primordiale. De même, Michel Barnier, ancien ministre des affaires étrangères et négociateur du Brexit, a tempéré la situation en notant que cette opération n’était pas un changement radical, mais un prolongement de pratiques déjà observées précédemment.

Dans ce contexte, la nécessité d’un consensus autour de l’importance du respect de la souveraineté du Venezuela se fait plus pressante. Bruno Retailleau, président des Républicains, a mis en avant la notion de « guerre hybride » que représente le narcotrafic, tout en réaffirmant que la décision du peuple vénézuélien doit rester au centre des préoccupations, sans ingérence extérieure.

Face à ces réactions diverses, il est clair que l’intervention des États-Unis va bien au-delà d’un simple repositionnement politique. Elle soulève des questions fondamentales sur l’ordre international et le respect des souverainetés. Les jours, mois et années à venir seront cruciaux pour déterminer quel impact cette situation aura sur la stabilité politique, non seulement du Venezuela, mais aussi des relations internationales à travers le monde.