Portables prohibés au lycée : une question de principe , selon le ministre de l’Éducation, mais des dérogations possibles

  • janvier 12, 2026
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Dans un entretien accordé à Ouest-France, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a affirmé que l’interdiction des téléphones portables au lycée est une question de principe. Cette décision, qui devrait être examinée prochainement par le Parlement dans le cadre d’un projet de loi, vise aussi à interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Selon le ministre, cette initiative revêt une portée symbolique forte et marque une étape dans la lutte contre l’addiction aux écrans parmi les jeunes.

EN BREF

  • Interdiction des téléphones portables au lycée jugée nécessaire par le ministre de l’Éducation.
  • Des dérogations peuvent être envisagées selon les besoins des établissements.
  • Le projet de loi sera soumis au Parlement dès janvier prochain.

Édouard Geffray a précisé : « L’interdiction du téléphone au lycée est une question de principe : le temps de l’école, c’est le temps de l’apprentissage, ce n’est pas le temps du téléphone. » Cette déclaration souligne le souhait du gouvernement de rétablir un environnement propice à l’apprentissage, sans distractions externes. Toutefois, il a également rassuré en mentionnant que certaines dérégulations seraient possibles. Par exemple, dans certains lycées, les téléphones peuvent être nécessaires pour des usages spécifiques, comme le paiement à la cantine, et ce sera alors à chaque chef d’établissement d’adapter les règles en fonction des pratiques locales.

Un cadre législatif cautionné par des retours d’expérience

Le Snes-FSU, principal syndicat des enseignants du second degré, a exprimé des réserves face à cette nouvelle interdiction. Il insiste sur la nécessité de tirer des leçons des expériences passées, notamment celle mise en œuvre au collège. Ce dernier fait état des difficultés liées au respect de l’interdiction actuelle des téléphones portables, entrée en vigueur grâce à une loi adoptée en 2018, mais qui n’est pas appliquée uniformément dans tous les établissements.

Le ministre a confirmé que le projet de loi est prêt à être présenté au Parlement, avec un souhait d’adoption dès le mois de janvier. La nécessité d’un cadre législatif pour clarifier et renforcer les interdictions en milieu scolaire est de plus en plus évidente. La situation actuelle des téléphones portables en classe est loin d’être idéale, malgré les dispositifs déjà en place, tels que le système « portable en pause », qui oblige les élèves à laisser leurs appareils dans des casiers spécifiques.

La question de l’usage des téléphones au lycée soulève également des préoccupations sur la capacité de concentration des élèves. Édouard Geffray met en avant le phénomène de décrochage des interactions entre les élèves, qui s’intensifie avec l’utilisation excessive des écrans. « Ce qui compte, c’est de faire reculer l’addiction aux écrans », a-t-il déclaré, évoquant une baisse des interactions humaines entre les jeunes, perturbant ainsi leurs relations sociales.

En conclusion, l’initiative du gouvernement d’interdire les téléphones portables au lycée représente une démarche à la fois symbolique et pragmatique. Elle s’inscrit dans une volonté plus vaste de recentrer l’éducation sur l’apprentissage, tout en reconnaissant la complexité des nouvelles technologies dans la vie des jeunes. Le défi consiste à trouver un équilibre entre l’utilisation des outils numériques et le maintien d’un cadre éducatif sain.