Municipales 2026 à Brest : François Cuillandre sengage pour une police municipale en cas de réélection

  • janvier 12, 2026
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Brest : vers la création d’une police municipale

Brest (Finistère) est aujourd’hui la dernière ville française de plus de 100 000 habitants à ne pas disposer de police municipale. Cependant, François Cuillandre, maire socialiste de la ville depuis 2001, envisage de remédier à cette situation lors des élections municipales prévues en mars prochain.

EN BREF

  • Brest est la dernière grande ville française sans police municipale.
  • François Cuillandre souhaite engager la création d’une force, notamment pour lutter contre le narcotrafic.
  • Les effectifs de la police municipale dans le reste de la France dépassent les 28 000 agents.

Jusqu’à présent, François Cuillandre s’était opposé à l’instauration d’une police municipale dans la deuxième ville de Bretagne, affirmant que ce rôle devait incomber à l’État. Dans une déclaration faite à l’Agence France-Presse (AFP) en septembre 2022, il avait souligné que les maires, en particulier ceux de gauche, qui optaient pour une telle police « faisaient ce que l’État doit faire ». Cette position a suscité des interrogations, notamment lors de ses précédentes moqueries à l’égard des projets de ses adversaires politiques. En mai dernier, il avait même qualifié le projet d’une police municipale d’un « concours Lépine » de ses opposants.

Depuis, les temps ont changé. Lors d’une conférence de presse ce mardi, il a reconnu que la situation du pays, marquée par une montée inquiétante du narcotrafic, nécessitait des mesures adaptées. « Lutter face au narcotrafic » est désormais un des axes de son projet.

Une police de proximité : objectifs et moyens

François Cuillandre a détaillé sa vision d’une police municipale de proximité, annonçant le recrutement de 50 agents d’ici la fin de son mandat. Ce dispositif, avec un coût prévisionnel de trois millions d’euros par an, vise à soutenir l’action de la police nationale dans ses missions régaliennes. Les policiers municipaux, selon ses annonces, ne seront pas armés de moyens létaux, mais disposeront de bâtons, de menottes et de bombes lacrymogènes.

Ce projet fait écho à la promise de son concurrent, Stéphane Roudaut, qui envisage, quant à lui, une force armée de 150 policiers municipaux. Il a même suggéré d’utiliser les élections comme un « référendum pour ou contre la police municipale ». Cette divergence sur le dimensionnement et la nature de la police témoigne d’un débat politique vif autour de la sécurité dans la ville.

Comparatif et implications

À titre de comparaison, les effectifs des polices municipales en France s’élèvent aujourd’hui à plus de 28 000 agents, répartis dans environ 4 500 communes. Cela pose la question de la pertinence d’une police municipale dans des villes comme Brest, qui, par cette initiative, pourrait vouloir non seulement répondre à une forte demande de sécurité, mais également se joindre à un mouvement national de renaissance des forces de police locales.

Ce tournant, bien que tardif pour certains, est le signe d’une prise de conscience des enjeux de sécurité publique dans les grandes agglomérations. Qui aurait imaginé, il y a quelques années, que Brest, symbole de la Bretagne moderne, serait à ce point sensible aux problématiques de sécurité ? C’est un changement qui mérite d’être suivi avec attention.

Les prochaines élections municipales s’annoncent comme un véritable enjeu sur la question de la sécurité, et la réponse de François Cuillandre pourrait bien être celle qui redéfinira son héritage politique. L’avenir de la ville se joue sur cette promesse de police municipale et sur l’évolution des attentes des Brestois.