
Ce mardi, le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, a exprimé des inquiétudes face à des menaces de sanctions américaines visant des magistrats ayant participé à des affaires liées au Rassemblement national (RN). Lors d’un discours marquant l’installation de nouveaux magistrats, il a qualifié ces menaces d’« ingérence inacceptable et intolérable ».
EN BREF
- Des sanctions américaines pourraient viser des magistrats français liés au RN.
- Peimane Ghaleh-Marzban dénonce une ingérence dans les affaires internes françaises.
- Le dossier de Marine Le Pen est au cœur des préoccupations judiciaires.
Dans ses déclarations, Ghaleh-Marzban a souligné que si ces faits étaient avérés, ils nécessiteraient une réprobation des pouvoirs publics. Cette prise de position intervient dans un contexte où les relations entre les États-Unis et l’Europe sont marquées par des tensions croissantes, notamment au sujet des affaires judiciaires.
Le 30 décembre dernier, le média allemand Der Spiegel révélait que l’administration Trump envisageait d’imposer de nouvelles sanctions à plusieurs fonctionnaires européens. Washington accuse ces derniers de « censure » sur le continent. Dans ce cadre, trois magistrats français, ayant conduit à la condamnation en première instance de Marine Le Pen, occuperaient une place centrale dans la ligne de mire de ces sanctions.
Le cas de Nicolas Guillou
Le Rassemblement national et sa cheffe de file, Marine Le Pen, sont effectivement au cœur de nombreux discours judiciaires. À partir de ce mardi, le parti et onze autres prévenus sont appelés à comparaître devant la cour d’appel de Paris, soupçonnés d’un détournement de fonds du Parlement européen à des fins partisanes.
En évoquant le cas du magistrat français de la Cour pénale internationale (CPI), Nicolas Guillou, actuellement sous le coup de sanctions américaines depuis août dernier, Peimane Ghaleh-Marzban a appelé à « s’élever contre la possibilité même que cela puisse être imaginé ». Guillou est en charge d’un dossier sensible concernant un mandat d’arrêt visant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
Il est intéressant de noter que, lors de son mandat, Donald Trump avait déjà fait des comparaisons audacieuses. En mars dernier, il avait mis en parallèle la condamnation de Marine Le Pen, qui avait reçu une peine de quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme, à ses propres déboires judiciaires. Cette analogie illustre les tensions toujours présentes entre politique et justice, là où les affaires judiciaires peuvent vite devenir des enjeux politiques.
Ces événements soulignent non seulement l’importance de la séparation des pouvoirs, mais aussi la nécessité d’un dialogue serein entre les institutions judiciaires et politiques. Face à l’éventualité de sanctions internationales, la France devra trouver un équilibre pour protéger ses magistrats tout en restant ouverte aux échanges diplomatiques. Les mois à venir seront cruciaux pour la justice française et les relations internationales en matière de droit.

