Mercosur : Retailleau avertit Macron d’une censure du gouvernement Lecornu en cas de vote

  • janvier 12, 2026
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À l’approche d’un éventuel accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le climat politique en France se tend. Bruno Retailleau, le président du parti Les Républicains, a exprimé des préoccupations majeures lors d’une conférence de presse ce mercredi. Selon lui, un soutien d’Emmanuel Macron à cet accord pourrait avoir des répercussions graves, pouvant mener à une censure du gouvernement.

EN BREF

  • Bruno Retailleau avertit qu’un soutien d’Emmanuel Macron au Mercosur pourrait mener à la censure du gouvernement.
  • L’accord est proche d’être signé malgré l’opposition des agriculteurs européens.
  • Bruxelles pourrait finaliser cet accord le 12 janvier, une date qui crée des tensions croissantes en France.

Bruno Retailleau a indiqué que soutenir le Mercosur, qui comprend des pays comme l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, pourrait être perçu comme une trahison vis-à-vis des engagements précédents du président. Lors de cette mise au point, il a déclaré : « Ce que je dis solennellement, c’est que si le président de la République vote pour le Mercosur, après toutes ses déclarations, il prend le risque d’une censure».

Cette position délicate reflète les tensions persistantes au sein des Républicains. Retailleau a choisi de ne pas appeler, pour l’instant, les députés de son parti à voter une motion de censure, conseillant plutôt de voir d’abord la réaction de l’exécutif.

L’accord tout prêt d’être signé malgré la contestation

La question du Mercosur fait actuellement débat au sein de l’Union Européenne. Emmanuel Macron s’était déclaré satisfait du report de la signature de l’accord en décembre dernier, exigeant des avancées concrètes dans les négociations. Toutefois, le gouvernement français continue de faire part de ses réserves. « Le compte n’y est pas », a affirmé un membre de l’exécutif mercredi, soulignant l’importance d’obtenir des garanties pour les agriculteurs européens.

Pour tenter d’apaiser les tensions, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a proposé un plan budgétaire visant à renforcer la future Politique agricole commune (PAC) pour la période 2028-2034, incluant le déblocage anticipé de 45 milliards d’euros. Malgré ces efforts, la méfiance demeure.

Les agriculteurs européens, notamment les représentants de la FNSEA, semblent fermement opposés à cet accord qu’ils considèrent comme un « chiffon rouge », promesse de « mobilisations plus importantes » sur le terrain. Les inquiétudes portent principalement sur la crainte de la concurrence déloyale en provenance d’Amérique du Sud, où les normes environnementales et sanitaires sont souvent jugées moins strictes que celles appliquées en Europe.

Le calendrier est désormais serré. La Commission européenne pourrait entériner cet accord dès le 12 janvier, ce qui exacerbe les tensions entre les différents acteurs de l’agriculture sur le vieux continent. Bruno Retailleau, il y a un mois, avait déjà appelé le président à clarifier sa position sur cet accord potentiellement problématique.

La situation actuelle constitue un test essentiel pour Emmanuel Macron, tant sur le plan domestique qu’international. Les réactions des députés et de la base électorale des Républicains pourraient influencer la dynamique politique ces prochaines semaines, alors que l’échéance approchera. Dans cette atmosphère de suspicion, la ballade du Mercosur pourrait bien devenir un véritable défi pour l’exécutif français, traçant un chemin semé d’embûches. La relation France-Europe sera-t-elle mise à l’épreuve face aux intérêts nationaux ?