
La tension monte entre les agriculteurs français et les instances européennes. Pendant que Bruxelles s’apprête à signer l’accord tant controversé entre l’Union Européenne et le Mercosur, les agriculteurs de la Coordination rurale ne restent pas inactifs. Après une démonstration de force à Paris, des tracteurs ont gagné les abords de la capitale, dans l’attente d’un geste concret du gouvernement.
EN BREF
- Les agriculteurs français s’opposent à l’accord UE-Mercosur avec des actions coup de poing.
- Des blocages routiers sont prévus dans plusieurs régions françaises et européennes.
- La Coordination rurale appelle à une mobilisation prolongée si aucune annonce satisfaisante n’est faite.
Ce mardi, les agriculteurs ont rempli la capitale avec leurs engins, défiant les interdictions. Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, a exprimé sa satisfaction quant au déroulement pacifique de l’opération. « Ce qui a été fait, c’est un exploit », a-t-il déclaré à l’AFP, tout en soulignant qu’aucune dégradation majeure n’a eu lieu.
Mais cette démonstration cache une inquiétude profonde. L’accord UE-Mercosur suscite des craintes grandissantes chez les agriculteurs français, qui craignent la concurrence déloyale d’importations sud-américaines telles que le bœuf, le sucre ou encore la volaille, souvent produits selon des normes moins exigeantes que celles en vigueur en Europe.
Une Mobilisation Élargie
Depuis le début du mois de décembre, la colère a été ravivée par la gestion gouvernementale de la dermatose bovine et les discussions autour de cet accord de libre-échange. À l’heure actuelle, l’A27 et l’A2, principales autoroutes menant vers la Belgique, sont bloquées par des agriculteurs qui menacent de poursuivre leur mouvement jusqu’à lundi. Anthime Coupet, président des Jeunes Agriculteurs du Nord, a assuré que cette mobilisation ne se relâchera pas facilement.
Un échéancier s’établit peu à peu. Si l’accord de libre-échange est finalement signé, un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg est prévu pour le 20 janvier. La FNSEA, premier syndicat agricole, se prépare à un combat long et ardu. « Le combat sera dur et sera long », a averti Bertrand Venteau, qui tient à sa condition d’un moratoire sur les contrôles administratifs jugés trop stricts.
Réactions et Perspectives
Les réactions gouvernementales ne se sont pas fait attendre. Emmanuel Macron a annoncé que la France voterait contre l’accord, bien que ce vote n’empêche pas sa ratification par d’autres États membres de l’Union Européenne. Cela souligne une fois de plus le fossé grandissant entre les préoccupations des agriculteurs et les décisions politiques qui semblent souvent difficilement conciliables avec leurs attentes.
En dehors de la capitale, des actions de blocage sont également signalées, avec 67 autres manifestations à travers le pays, regroupant environ 2200 manifestants. Ces initiatives visent non seulement à alerter le gouvernement, mais aussi à montrer une unité face à des décisions jugées menaçantes pour l’avenir du secteur agricole en France.
La situation reste tendue. Les agriculteurs, dont l’engagement a été clairement affiché cette semaine, comptent bien poursuivre cette mobilisation jusqu’à obtenir des réponses concrètes et satisfaisantes de la part des autorités. Dans ce climat d’incertitude, la réponse du gouvernement sera cruciale : les agriculteurs attendent des annonces qui pourraient apaiser leurs craintes, sans quoi le mouvement pourrait encore monter en puissance.

