
Ce week-end, lors de sa convention présidentielle à Lyon, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, a présenté un livret intitulé “Telle que je suis”. Ce document, qui se veut intimiste, révèle une image moins austère de la candidate, l’illustrant entourée de sa famille ou encore en vacances, dans une démarche de storytelling soigneusement orchestrée. Cette approche de communication, déjà mise en avant dans ses “Carnets d’espérance”, continue de jouer sur l’émotion et la proximité avec les électeurs.
EN BREF
- Marine Le Pen dévoile un livret intitulé “Telle que je suis” lors de sa convention présidentielle.
- La candidate se positionne comme une figure humaine et accessible, loin des stéréotypes de l’extrême droite.
- Karine Le Marchand demande le retrait d’une photo la montrant avec Le Pen, avec qui elle a partagé un moment lors d’une émission.
Dans ce livret, la candidate s’affiche décontractée, montrant des facettes de sa vie personnelle pour tenter de briser le carcan des préjugés qui l’entoure. Cette initiative, la candidate l’a déjà adoptée par le passé. Ses précédents travaux avaient déjà mêlé analyses politiques et moments de vie, comme des photos de chats qui l’accompagnaient dans ses réflexions. Le choix d’un ton léger vise à humaniser un parcours souvent perçu comme austère.
Un des moments marquants de la convention a été la diffusion d’une photo où Marine Le Pen et Karine Le Marchand trinquent ensemble. Cette image était accompagnée d’une citation de la candidate qui résonne avec l’air du temps :
“Si je dois être critiquée, que je le sois sur des éléments avérés et non sur des mensonges.”
Cette phrase fait écho aux nombreuses critiques dont elle fait l’objet, notamment en ce qui concerne ses finances politiques et les affaires qui l’entourent.
Ironiquement, alors que la candidate est sommée par le Parlement européen de rembourser près de 300 000 euros versés à des assistants parlementaires accusés d’inefficacité, elle choisit de capitaliser sur le récit de victimisation dans le cadre de son image. Cela offre un jeu de dupes captivant, où la réalité est parfois mise de côté au profit d’une narration plus séduisante.
La réaction de Karine Le Marchand à l’utilisation de cette photo est révélatrice des tensions qui peuvent exister entre figures politiques et médias. Elle a rapidement exigé le retrait de l’image, déclarant :
“Merci de la retirer immédiatement”.
Pour sa part, le Rassemblement National a réfuté cette demande, affirmant que la photo était le fruit d’une capture d’écran d’une émission à laquelle Marine Le Pen avait participé, et donc, légitimement réutilisable.
Les médias, à travers leurs choix éditoriaux, façonnent l’image publique des politiciens. Ici, la tension entre la personnalisation de la politique et un nécessaire recul critique apparaît. Les téléspectateurs, de leur côté, sont invités à revisiter leur perception de ces figures publiques, souvent jugées par des filtres biaisés. À travers des émissions comme “Une ambition intime”, le public découvre des aspects méconnus qui peuvent influencer son jugement.
Il est essentiel de se demander jusqu’où ce mélange de vie privée et de vie publique peut aller. La tentation de présenter une version soigneusement élaborée de soi-même peut être séduisante pour un politique, mais elle soulève également des questions sur l’authenticité et la transparence.
Finalement, cette dynamique entre la communication politique et l’image personnelle semble désormais essentielle pour les candidats, en particulier dans un paysage médiatique de plus en plus exigeant. Comment Marine Le Pen, et les autres figures politiques, parviendront-elles à naviguer dans ces eaux parfois troubles, tout en préservant l’intégrité de leur message et de leur image ? C’est sans doute une question à laquelle il faudra prêter attention dans les mois à venir alors que les élections approchent.

