Condamnation de ‘Closer’ en appel : l’affaire de l’outing de Florian Philippot

  • décembre 16, 2025
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FRONT NATIONAL – La cour d’appel de Paris a confirmé, ce mardi 30 juin, la condamnation du magazine people Closer à verser 20 000 euros de dommages et intérêts à Florian Philippot. Cette décision fait suite à la publication, le 12 décembre 2014, de photos du vice-président du Front national, le montrant en compagnie d’un homme présenté comme son compagnon.

EN BREF

  • La cour d’appel a condamné Closer à verser 20 000 euros à Florian Philippot pour atteinte à sa vie privée.
  • Les photos publiées ont été prises à l’insu de Philippot, ce qui soulève des questions éthiques sur la vie privée des personnalités publiques.
  • Le débat sur la liberté d’expression face à l’atteinte à la vie privée reste vif, surtout concernant le traitement médiatique d’hommes politiques.

Le magazine avait fait appel de la décision initiale prononcée le 24 décembre 2014 par le tribunal de grande instance de Paris, arguant que le montant des dommages et intérêts était excessif par rapport à celui habituellement octroyé aux célébrités. Cependant, la cour a maintenu sa position, justifiant cette somme conséquente par le caractère sensationnel de la publication, qui mettait en avant une information personnelle de Florian Philippot, et en attribuant une large diffusion à l’article incriminé.

Un “journaliste de télévision” pointé du doigt

Le magazine Closer a consacré quatre pages à la diffusion de sept photographies de Florian Philippot, prises alors qu’il se trouvait à Vienne, en Autriche, en compagnie d’un “journaliste de télévision” dont le visage était flouté. La couverture du magazine évoquait l’amour, avec le titre accrocheur : “Oui à l’amour pour tous”. Cette approche a été jugée comme étant intentionnellement provocatrice et visant à susciter un retentissement médiatique important.

Grégoire Lafarge, avocat de Florian Philippot, s’est dit « extrêmemement satisfait » de cette décision. Il a salué la détermination du tribunal en dénonçant la traque subie par son client. Ce dernier, selon l’avocat, n’avait pas souhaité, à la date de la publication, afficher publiquement son homosexualité. La cour a d’ailleurs reconnu que cette révélation avait été faite « contre son gré », ce qui ajoute une dimension éthique à cet événement.

Une traque de plusieurs jours

Florian Philippot a exprimé son indignation face à ce qu’il appelle une « traque », réussissant à soulever un débat plus large sur la protection de la vie privée des individus, même ceux exerçant des fonctions publiques. Il a interrogé : « Quelle est cette société où l’on peut être poursuivi, photographié à son insu, avec des images diffusées au grand public sans votre accord ? » Cette déclaration soulève des préoccupations légitimes concernant le rôle de la presse people dans la société moderne, souvent opposée à celle de la presse d’opinion.

La défense de Closer a tenté de justifier la publication des photographies en invoquant la liberté d’expression et l’intérêt général d’un débat sur la position du Front national concernant les droits des homosexuels. Laurence Pieau, la responsable du magazine, a également fait valoir que les “histoires personnelles” des hommes politiques influencent leur prise de position sur des questions sociétales. Cependant, la cour a estimé que l’intention de Closer était principalement d’attirer l’attention par le sensationnalisme.

Son jugement souligne qu’il est inacceptable que la révélation de l’homosexualité de M. Philippot résulte d’une traque, et non d’un droit légitime à l’information du public. En effet, ce type de publication soulève davantage de questions sur le respect de la vie privée des individus, surtout quand cette protection devrait primer sur l’intérêt public.

Cet épisode souligne ainsi le délicat équilibre entre liberté d’expression et respect de la vie privée. Un débat essentiel à l’ère numérique, où le partage de l’information peut parfois virer à l’intrusion. Alors que les lignes semblent s’effacer entre vie publique et vie privée, il serait souhaitable que la réflexion éthique accompagne l’évolution des pratiques médiatiques.