« L’impact indélébile de l’abattage massif : la députée éleveuse témoigne de la crise agricole »

  • décembre 18, 2025
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Crise Agricole : L’Appel au Dialogue de Marie-Josée Allemand

Marie-Josée Allemand, députée socialiste des Hautes-Alpes, est l’une des rares élues encore en contact direct avec le monde agricole. Dans une interview accordée à Paris Match, elle soulève des préoccupations majeures concernant la crise liée à la dermatose nodulaire contagieuse, une maladie qui affecte le bétail. Ses remarques appellent à une réflexion approfondie sur les dynamiques entre les éleveurs, l’administration et l’opinion publique.

EN BREF

  • Marie-Josée Allemand alerte sur la crise des éleveurs face à la dermatose nodulaire contagieuse.
  • Elle souligne l’importance d’un dialogue immédiat entre éleveurs et autorités.
  • Les enjeux liés à la vaccination des animaux suscitent des inquiétudes chez les consommateurs.

Dans ses déclarations, Mme Allemand exprime un ras-le-bol des solutions jugées inappropriées par l’administration. Elle affirme que la situation actuelle n’est pas surprenante : “On avait un peu mis un couvercle sur la cocotte, il y a deux ans”. La députée critique la ministre de l’Agriculture, qui semble découvrir chaque jour un peu plus l’ampleur de la crise. Elle estime que le mal-être du secteur est profond, soulignant que la crise sanitaire est seulement un élément déclencheur de problèmes plus vastes. Pour elle, la solution d’un abattage massif est inacceptable, car elle ne répond pas aux véritables besoins des éleveurs

Rappelant une expérience personnelle marquante, elle évoque son enfance : “Vous savez ce dont je me souviens le plus? Du silence dans l’exploitation, après…” Cette émotion souligne un aspect souvent méconnu de l’élevage : le lien affectif qui unit les éleveurs à leurs animaux. Elle raconte comment son père avait dû abattre une trentaine de vaches en raison d’une épidémie et l’impact lourd que cela a eu sur leur vie. Pour Marie-Josée Allemand, chaque animal représente non seulement un investissement économique, mais aussi un attachement émotionnel.

La députée insiste sur la nécessité d’une approche plus humaine de la part des autorités. “Remettre de l’empathie, déjà”, dit-elle, appelant à un dialogue efficace plutôt qu’à une communication verticale. Elle revendique également une prise de conscience collective face aux crises agricoles récurrentes, exacerbées par le réchauffement climatique, qui engendre sécheresses et inondations. Ce problème touche la rentabilité des exploitations et soulève des questions sur leur avenir.

“On a l’impression que chaque année, une crise agricole survient désormais”, déplore-t-elle. Ce constat alarmant nécessite une véritable réflexion collective et un engagement à long terme pour redéfinir la politique agricole Française. “Il faut prendre une feuille blanche et recommencer le travail”, souligne-t-elle, insistant sur l’importance de réfléchir à la manière de transmettre le métier aux nouvelles générations.

Mme Allemand évoque aussi les défis liés à l’accord de libre-échange du Mercosur, actuellement controversé en France. Selon elle, l’acceptation de cet accord pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les agriculteurs français. D’ailleurs, l’assemblée et le sénat se sont déjà prononcés contre, mais le chemin reste semé d’embûches.

Un autre point essentiel soulevé par la députée concerne la vaccination des animaux, une solution à envisager bien que redoutée par certains consommateurs. Elle souligne que les normes en matière de santé animale sont strictes et que des précautions sérieuses sont prises pour assurer la sécurité des produits. “Le consommateur ne devrait pas douter de consommer de la viande vaccinée”, insiste-t-elle, rappelant que des choix éclairés doivent guider ces discussions.

Forte de son expérience et de son engagement, Marie-Josée Allemand appelle à un changement de paradigme dans le traitement des crises agricoles. Les mots d’empathie, de dialogue et de respect résonnent comme une nécessité de reconnection entre tous les acteurs de la filière. Au moment où la tension est palpable et où l’incertitude règne, une vision commune et solidaire pourrait bien être le premier pas vers un avenir apaisé pour le secteur.