
Ce mercredi, l’Union européenne a exprimé des protestations fermes à l’encontre des sanctions jugées « injustifiées » imposées par l’administration Trump à l’ancien commissaire Thierry Breton ainsi qu’à quatre personnalités européennes. Ces derniers sont désormais interdits de séjour aux États-Unis, accusés par le département d’État américain de censure au détriment des intérêts américains.
EN BREF
- Sanctions américaines contre Thierry Breton et quatre responsables européens entraînent une réponse de l’UE.
- Emmanuel Macron évoque des actes d’intimidation visant à compromettre la souveraineté numérique de l’Europe.
- Ces sanctions sont perçues comme une atteinte à la liberté d’expression et à la lutte contre la désinformation.
Les sanctions, décrites par le président français Emmanuel Macron comme des mesures « inacceptables », relèvent d’une forme d’intimidation à l’égard de la souveraineté numérique européenne. En effet, selon Macron, ces actions américaines visent à fragiliser les efforts déployés par l’Europe pour réguler le secteur numérique en toute autonomie.
Clarifications demandées par l’UE
En réaction, la Commission européenne a pris l’initiative de demandé des clarifications aux autorités américaines. Dans une déclaration, elle a affirmé qu’elle était prête à répondre de manière décisive pour défendre l’autonomie réglementaire de l’UE face à ces mesures qu’elle considère comme injustifiées.
Thierry Breton, qui a été à la tête du ministère du Marché intérieur de l’UE de 2019 à 2024, a dénoncé ce qu’il considère comme un « vent de maccarthysme », faisant référence à une période historique marquée par des accusations sans fondement aux États-Unis. Son expérience dans la gestion des régulations numériques renforce son engagement à contrer de telles accusations.
Les sanctions et leur impact
Les autres personnalités sanctionnées incluent des figures éminentes de la lutte contre la désinformation, telles qu’Imran Ahmed, directeur du Center for Countering Digital Hate, et Clare Melford, à la tête d’un index de désinformation au Royaume-Uni. Leur réaction face à ces sanctions a été rapide :
« Les sanctions américaines constituent une attaque autoritaire contre la liberté d’expression et un acte flagrant de censure gouvernementale. »
GDI
Avec ces sanctions, les États-Unis mettent en avant que la législation européenne favorise la censure. Marco Rubio, un membre influent du Sénat américain, a déclaré que « depuis trop longtemps, des idéologues européens mènent des actions concertées » pour contraindre les plateformes américaines à interdire certains discours.
Un climat de tensions croissantes
La tension entre l’Europe et les États-Unis s’est intensifiée ces derniers mois, notamment après l’imposition d’une amende de 140 millions de dollars par l’UE à X, le réseau social d’Elon Musk. Cette amende a été perçue à Washington comme une « attaque contre toutes les plateformes technologiques américaines ».
Dans une récente stratégie de sécurité nationale, l’administration Trump a qualifié l’Europe d’« effacement civilisationnel », ciblant diverses institutions européennes et critiquant leurs politiques sur des enjeux essentiels comme la migratoire et les taux de natalité.
Le discours américain et ses conséquences
Le vice-président JD Vance, lors d’un discours à Munich, a également soulevé des inquiétudes en affirmant que la liberté d’expression était en déclin en Europe, épousant ainsi des discours populistes. Ce type de rhétorique alimente un climat de méfiance qui pourrait avoir des répercussions durables sur les relations transatlantiques.
De plus, un mémo récent du département d’État a évoqué des consignes visant à restreindre l’accès des professionnels de la tech, en particulier ceux chargés de la modération de contenu, aux États-Unis. Cette situation a suscité des inquiétudes parmi les organisations de vérification des faits.
Il est impératif de considérer ces enjeux dans un contexte plus large. Il ne s’agit pas seulement de la liberté d’expression, mais également d’un débat fondamental sur la souveraineté numérique de l’Europe. Les mois à venir seront donc cruciaux pour observer comment se dessinera cette confrontation entre deux visions du numérique.

