
Depuis plusieurs années, Brigitte Macron se trouve au cœur d’une campagne de haine d’une intensité préoccupante. Sur les réseaux sociaux, une rumeur infondée l’accusant d’être une femme transgenre et une pédocriminelle circule sans relâche, alimentée par des messages choquants et des montages jugés humiliants.
Longtemps restée silencieuse face à ces attaques, la Première dame a décidé d’agir en saisissant la justice en août 2024. Cette décision a pour objectif de mettre un terme à ces incessantes diffamations. Le 5 janvier, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict, marquant la fin d’un feuilleton judiciaire particulièrement délicat et médiatisé.
EN BREF
- Brigitte Macron est victime de cyberharcèlement depuis des années.
- Le tribunal a condamné dix personnes impliquées dans la diffusion de rumeurs.
- Cette affaire soulève des questions sur l’impact des réseaux sociaux sur la vie privée.
Brigitte Macron victime de cyberharcèlement : quelle peine ?
Le procès, qui s’est tenu en octobre dernier, concernait dix prévenus, dont huit hommes et deux femmes, poursuivis pour avoir relayé et amplifié des messages offensants à l’encontre de Brigitte Macron. Les propos retenus par la justice sont explicites : “Brigitte Macron est un homme”, “travelo de merde”, “pédocriminelle”. Qualifiés de transphobes et constitutifs de cyberharcèlement, ces messages ont été pris très au sérieux par le tribunal.
Danièle Baud, la juge, a reconnu l’ensemble des prévenus coupables. Parmi eux, l’une des accusées a même réussi à profiter financièrement de la rumeur. Les peines prononcées varient, allant de simples stages de sensibilisation à huit mois de prison avec sursis, alors que le parquet avait requis des peines allant jusqu’à douze mois avec sursis pour les principaux instigateurs de cette rumeur malveillante.
Aurélien Poirson-Atlan, connu sous le pseudonyme de Zoé Sagan, a écopé de la peine la plus sévère, avec huit mois d’emprisonnement avec sursis pour une série de tweets provocateurs. Pendant l’audience, il a persisté à avancer des allégations infondées, déclarant “un secret d’État choquant qui implique une pédophilie cautionnée par l’État.” Cette ligne de défense a été rejetée en bloc par le tribunal.
Rumeur transphobe, impact personnel et suites judiciaires
Parmi les autres figures impliquées dans cette affaire, Delphine J., alias Amandine Roy, a été condamnée pour avoir diffusé une vidéo virale de près de quatre heures publiée en 2021. Elle a purgé une peine de six mois avec sursis, associée à une suspension de ses comptes en ligne et à un stage de sensibilisation aux droits des personnes sur Internet. Elle évoque avoir été personnellement touchée par la transidentité supposée de la Première dame.
Le galeriste Bertrand Scholler, qui a diffusé un photomontage représentant Brigitte Macron de manière dégradante, a également été condamné à six mois avec sursis. Son argument sur la liberté d’expression n’a pas trouvé faveur auprès du tribunal. Les autres prévenus, qualifiés de “suiveurs”, ont reçu des peines moins sévères. Un seul, qui a présenté des excuses, a échappé à une condamnation.
La veille du délibéré, Brigitte Macron s’est exprimée dans un entretien au JT de 20 heures. Elle a déclaré : “Moi, je me bats, à longueur de temps. Je veux aider les adolescents à se battre contre le harcèlement. Mais si je ne montre pas l’exemple, ça va être difficile“. Elle a réaffirmé avec détermination, “On ne touchera pas à ma généalogie” et a insisté sur l’importance de cette lutte.
Sa fille, Tiphaine Auzière, a également témoigné des conséquences alarmantes de cette campagne de diffamation, allant jusqu’à parler d’une “dégradation des conditions de vie” de sa mère. Cette affaire, qui dépasse les frontières françaises, est d’ores et déjà suivie par une autre procédure en cours aux États-Unis, illustrant l’ampleur du combat qui reste à mener.

