
Dans un récent ouvrage, intitulé « La France qui tombe », l’auteur interroge la responsabilité des Français face à la nécessité de réformes. Il affirme : « Il ne dépend que des Français d’interrompre la chronique annoncée du déclin de la France, en choisissant clairement le parti de la réforme. » Ce constat soulève la question : est-il juste de blâmer les citoyens pour le manque d’adhésion aux réformes nécessaires ?
EN BREF
- La France possède de nombreux atouts, mais souffre d’un système politique obsolète.
- Les citoyens comprennent la nécessité de changement, mais manquent de projets mobilisateurs.
- Le pays peut encore éviter la faillite en réformant son approche socio-économique.
Les citoyens sont, sans conteste, les garants de la démocratie. Il est essentiel qu’ils reconnaissent leur part de responsabilité dans l’évolution de leur pays. Néanmoins, rejeter sur eux la culpabilité du déclin peut sembler injuste. Historiquement, des événements comme la défaite de 1940 ont montré que des stratégies politique et militaire défaillantes sont souvent à l’origine des échecs, et non l’inaction des citoyens eux-mêmes.
Actuellement, en France, environ 15 % de la population participe activement à la dynamique économique du pays. Ces citoyens, souvent regroupés autour de projets innovants, portent des résultats prometteurs. Par exemple, deux millions de Français se sont exilés depuis le début du siècle, réalisant d’importants succès à l’étranger dans divers secteurs tels que l’économie et la recherche. La restauration de monuments emblématiques, comme Notre-Dame ou les préparatifs des Jeux Olympiques de Paris, montre également que lorsque des conditions favorables sont réunies, la France sait déployer son potentiel.
Il est fascinant de constater que, malgré ces atouts indéniables — une main-d’œuvre qualifiée, un patrimoine culturel enrichissant, et d’innombrables infrastructures — le pays semble se diriger vers une situation financière délicate. Cela révèle une certaine dissonance entre les capacités créatives du pays et les choix politiques actuels qui échouent à exploiter ces ressources efficacement.
La question qui se pose alors est la suivante : un candidat osant annoncer en 2027 une hausse de l’âge de la retraite à 65 ans pourrait-il être élu ?Cette interrogation souligne la complexité du climat politique français, où la démagogie et le clientélisme prévalent souvent. Pourtant, il est important de souligner que la population semble consciente de la nécessité d’un changement. Le taux d’épargne des Français, culminant à 19 % de leurs revenus, indique une volonté de prudence face à l’insoutenabilité du modèle économique actuel.
Loin de blâmer les retraités pour un système déséquilibré — où leur revenu moyen dépasse de 10 % celui des actifs — il serait plus judicieux de réfléchir à un nouveau pacte social. Les retraités, en tant que génération ayant connu de nombreuses épreuves, pourraient être ouverts à des ajustements s’ils viennent dans un esprit de solidarité intergénérationnelle. Ils soutiennent souvent financièrement leurs enfants et petits-enfants, qui peinent à se frayer un chemin dans un monde en mutation.
« La France a raté toutes les révolutions technologiques depuis les années 1970. »
Ce constat amer peut sembler accablant, surtout dans le contexte actuel où l’intelligence artificielle commence à redéfinir les contours de l’économie mondiale. Bien que de nombreux talents français brillent à l’international, notamment aux États-Unis, le pays pourrait encore compenser ce retard. Pour y parvenir, un soutien renforcé à la communauté scientifique et la création de data centers sont des pistes prometteuses.
Il est également crucial que la France se réapproprie le risque et l’innovation. Historiquement, le pays a connu de grands bouleversements techniques, mais les politiques actuelles tendent à brider l’initiative personnelle par une sur-réglementation. Le temps est venu de déverrouiller ces opportunités.
Si des réformes ne sont pas mises en place par les dirigeants eux-mêmes, il existe le risque que des institutions comme le FMI ou la BCE imposent des décisions qui échappent au contrôle des citoyens français. L’État doit donc prendre les rênes de sa propre destinée avant qu’il ne soit trop tard.
En parallèle, l’Europe sait d’ores et déjà qu’elle est mise à l’épreuve par des enjeux globaux. Les nations européennes doivent naviguer entre les tensions géopolitiques avec des puissances telles que les États-Unis, la Russie et la Chine. Ce qui pourrait sembler être une vulnérabilité se présente aussi comme une occasion de renforcer la coopération et l’innovation à l’intérieur même de l’Europe. Certains États nord-européens montrent déjà la voie en alliant démocratie et compétitivité.
En prenant en compte ces éléments, imaginer les premières décisions à prendre après une élection présidentielle pourrait se traduire par une vraie dynamique de redressement. Un nouveau Président devrait prioriser l’augmentation de la production et la création d’emplois, ainsi qu’une réforme fondamentale des secteurs clé comme l’éducation et la santé, tout en réaffirmant l’importance d’un avenir pacifique dans notre société.
Ce qui limitera notre capacité à triompher, c’est l’absence de leadership. Il est indispensable de restaurer la confiance chez les citoyens, leur faire comprendre qu’ils ont en elles les ressources nécessaires pour façonner demain. Mobilisateurs, engageons-nous à bâtir une France innovante et résiliente, sans craindre de retomber dans le déclin.

