Il est essentiel de désamorcer la violence : le gouvernement demande la fin des blocages agricoles

  • janvier 10, 2026
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Alors que les syndicats agricoles s’organisent pour rencontrer le Premier ministre en début de semaine, la mobilisation face à la crise de la dermatose bovine est relancée. Ce samedi 3 janvier, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a une nouvelle fois appelé à la désescalade des tensions, lors d’un entretien accordé à La Tribune Dimanche.

EN BREF

  • Les syndicats agricoles préparent une mobilisation importante face à la crise actuelle.
  • Annie Genevard appelle à la désescalade des tensions et à la responsabilité des organisations syndicales.
  • Le budget agricole et ses enjeux préoccupent les responsables avant la reprise des discussions budgétaires.

Dans ses déclarations, Annie Genevard a affirmé vouloir défendre les intérêts agricoles français en vue de la prochaine politique agricole commune (PAC), du traité UE-Mercosur et du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Des points qui suscitent des inquiétudes parmi les organisations syndicales, qui préciseront leurs attentes dans les jours à venir. En effet, Matignon avait promis des annonces en réponse à ces préoccupations, indiquant un début de réponses attendues ce dimanche.

« Il faut vraiment opérer une désescalade de la violence, cesser les blocages, et cela est la responsabilité des organisations syndicales », a déclaré la ministre, tout en appelant à « sanctionner violences et dégradations, œuvre d’une minorité ». Ce message vient en écho des récents événements où les tensions sont montées d’un cran.

Les Enjeux du MACF et des Relations Commerciales

Concernant le MACF, un dispositif entrée en vigueur le 1er janvier, il pénalise les céréaliers importateurs d’engrais. Annie Genevard a souligné qu’elle avait déjà agi pour réduire la facture de plus de 50 %, mais que le coût annuel pour les exploitants continue de s’élever à 4 000 euros. « Nous voulons un coût zéro pour nos agriculteurs », a-t-elle ajouté, soulignant la nécessité d’une attention particulière à ce sujet.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a d’ailleurs écrit à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour aborder ce sujet. La ministre entend également rallier d’autres pays européens pour « exiger un report ou une suspension du mécanisme pour les engrais ». Pour la FNSEA, principal syndicat du secteur agricole, l’impact du MACF serait estimé à « 500 millions d’euros pour les grandes cultures ». Une lourde charge qui alimente les inquiétudes des agriculteurs.

Conséquences sur le Traité UE-Mercosur

Sur le traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, une question délicate qui divise le monde agricole, Annie Genevard a indiqué avoir activé une mesure conservatoire applicable à la France. Celle-ci vise à suspendre l’importation de denrées en provenance d’Amérique du Sud qui contiennent des substances prohibées en Europe. Ce dossier important est à suivre de près, d’autant plus que la signature du traité est reportée au 12 janvier.

Parallèlement, la ministre a invité les députés à agir avec responsabilité, alors que les discussions budgétaires reprendront ce jeudi. « Le fait que le budget ait été retoqué par le Parlement suscite une profonde inquiétude, notamment pour l’agriculture », a-t-elle commenté. Elle évoque des dispositifs essentiels, comme le plan viticole, qui dépendent d’une adoption rapide de la loi de finances.

Les enjeux actuels du secteur agricole, ainsi que l’impasse face aux crises économiques et environnementales, réclament des réponses claires et rapides. Les discussions à venir seront déterminantes pour le futur du paysage agricole français, nourrissant une attention particulière de la part des acteurs concernés.