La France a le droit de sopposer à un allié historique, affirme Jean

  • janvier 12, 2026
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Ce vendredi 9 janvier, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé avec force le droit des Européens à exprimer leur désaccord envers les actions de leur allié historique, les États-Unis. Cet événement marque un tournant dans les relations transatlantiques, alors même que le contexte international devient de plus en plus complexe et incertain.

EN BREF

  • Jean-Noël Barrot défend le droit des Européens à dire non aux États-Unis.
  • Il condamne la capture de Nicolás Maduro par l’armée américaine.
  • Une nouvelle coordination entre le ministère des Affaires étrangères et de l’Intérieur sera mise en place pour mieux gérer les questions d’immigration.

Lors de son discours annuel devant les ambassadeurs français, Jean-Noël Barrot a souligné une dissonance croissante entre l’Europe et les États-Unis. Il a fait remarquer qu’il est essentiel pour les Européens, et plus précisément pour les Français, de revendiquer leur autonomie face à un allié dont les décisions peuvent parfois sembler inacceptable. Cela est d’autant plus significatif alors que les relations diplomatiques se complexifient davantage sur la scène mondiale.

Il a également évoqué la récente déclaration des nations européennes – France, Allemagne, Royaume-Uni et Italie – qui soutiennent le Groenland face aux revendications inattendues de Donald Trump. Cette prise de position commune réaffirme l’unité des pays européens sur des questions stratégiques.

Condamnation de la capture de Maduro

Le ministre a fermement condamné la capture du président vénézuélien, Nicolás Maduro, par l’armée américaine, qualifiant cette action de « contrevenante au droit international ». Tout en critiquant l’intervention, il a également noté les violations des droits de l’homme qui persistent sous le régime de Maduro, insistant sur le fait que l’autodétermination des Vénézuéliens doit également être considérée.

Réponse à la peur de l’effacement civilisationnel

Jean-Noël Barrot a réfuté avec force l’idée selon laquelle l’Europe serait au bord de l’effacement civilisationnel, une affirmation présente dans la stratégie de sécurité nationale américaine. « Non, l’Europe n’est pas au bord de l’effacement civilisationnel », a-t-il déclaré, appelant plutôt à une vigilance accrue face aux menaces extérieures et intérieures qui pèsent sur l’unité européenne, qui pourrait être sapée par des défis démocratiques internes.

Les tensions à l’extérieur, auxquelles se rajoute la lassitude démocratique, représentent un véritable défi pour l’Union européenne. Jean-Noël Barrot a appelé à une amplification de la voix de la France dans ce contexte. Il a décrit comment la France se retrouve en opposition à des acteurs politiques, à des régimes autocratiques, ainsi qu’à des camps politiques qui tentent de miner la confiance des citoyens dans leurs institutions.

Renforcer la riposte face à la désinformation

Le ministre a assuré que le Quai d’Orsay était prêt à faire face à cette propagande. Avec le soutien du Premier ministre Sébastien Lecornu, il a évoqué la nécessité d’organiser une riposte, notamment dans le domaine de l’information. Ce besoin s’aligne avec les préoccupations concernant les informations erronées qui se répandent rapidement à l’ère numérique.

Enfin, il a annoncé une nouvelle forme de coordination entre le ministère des Affaires étrangères et celui de l’Intérieur pour traiter les questions d’immigration, une thématique particulièrement cruciale à l’approche des élections municipales de mars. Jean-Noël Barrot a salué l’adoption au niveau européen du Pacte sur la migration et l’asile, qui devrait transformer la manière dont l’Europe gère ces problématiques.

Ce discours et les initiatives qui s’ensuivent témoignent d’une volonté manifeste de repenser les relations de l’Europe avec ses partenaires tout en consolidant ses valeurs fondamentales. Ce chemin semble prometteur, bien qu’il nécessite une vigilance continue face aux nouveaux défis qui se profilent à l’horizon.