
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, répond aux critiques concernant la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une maladie qui touche les animaux d’élevage. Plongée dans une crise sanitaire, elle se dit touchée par les souffrances des éleveurs mais défend le protocole en place face à la maladie.
EN BREF
- La DNC est sous contrôle avec un nombre de cas en baisse.
- Un protocole de vaccination est mis en place pour limiter la propagation.
- Annie Genevard souligne l’importance de l’empathie envers les agriculteurs touchés.
Ce mardi, la ministre a été confrontée aux accusations domiciliées à son égard concernant la gestion de la crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui a déjà causé l’abattage de nombreux animaux. Dans une interview, elle a insisté sur le fait que la situation est désormais maîtrisée. En effet, elle a précisé que, après avoir traité une centaine de cas, la propagation de la maladie est contenue, avec seulement six nouveaux cas signalés ces dernières semaines, tous ayant été éteints.
Annie Genevard a précisé :
«Je suis infiniment touchée par cette situation.»
Elle évoque la douleur que ressentent les éleveurs face à la perte de leurs animaux, renforçant l’idée que la lutte contre la DNC nécessite non seulement une réponse sanitaire, mais également une compréhension humaine des défis auxquels sont confrontés les agriculteurs.
Face aux critiques, Genevard a rappelé que son ministère gère aussi d’autres crises, comme celle de l’influenza aviaire. Elle a affirmé que le contrôle de la maladie passe par deux moyens principaux : une campagne de vaccination généralisée et la restriction des mouvements illégaux de bovins, ce qui pourrait ralentir la propagation du virus. «Nous tenons sur ces deux jambes. C’est essentiel pour le bon déroulement de notre stratégie», a-t-elle déclaré.
La question du maintien de l’abattage systématique des animaux a également été soulevée. Selon elle, cet abattage est justifié tant qu’il sert à empêcher des épidémies plus massives. Elle a expliqué :
«Vaincre la maladie est à notre portée.»
L’objectif à terme est de réaliser une immunité collective, structurée autour d’une «zone de réglementation» et d’une «zone de surveillance» autour des foyers contaminés.
Dans le contexte de la *Coordination rurale*, certains agriculteurs ont exprimé leur souhait de mettre leurs animaux à l’isolement plutôt que de recourir à l’abattage. Genevard a répondu que les études scientifiques démontrent que cette stratégie ne serait pas efficace face à la contagiosité de la maladie, qui présente un taux de mortalité d’environ 10 %.
Concernant les relations avec le marché international, Genevard a également évoqué l’accord du Mercosur. La ministre a souligné que la France et l’Italie, bien que concernant ce partenariat agricole de manière différente, partagent une vision commune de l’agriculture en Europe. Elle a insisté sur l’importance d’un budget agricole robuste pour soutenir l’agriculture nationale face à des défis géopolitiques croissants.
Par ailleurs, Genevard a fait part de son engagement auprès des agriculteurs : «Aucune nation ne s’est construite sans une grande agriculture, et certainement pas la France.» Elle a rappelé la nécessité d’une profonde compréhension des enjeux de l’agriculture face à la montée de l’incompréhension du grand public. La ministre a milité pour rétablir le lien entre consommateurs et agriculteurs.
Elle a aussi confirmé son soutien du Premier ministre Sébastien Lecornu, rappelant qu’il est lui-même un élu local bien connecté aux réalités agricoles. Genevard conclut en affirmant que le soutien aux agriculteurs doit se traduire par des actes au quotidien, citant des actions concrètes comme l’achat de produits locaux à des prix justes.
Au fil des mois, les cris de détresse des agriculteurs face à ces crises, tant sanitaires qu’économiques, interpellent la société française. La lutte pour une agriculture durable et respectueuse des attentes sociétales sera plus que jamais au cœur des réflexions dans les mois à venir. La ministre souligne que le changement commence par une reconnaissance collective de la valeur essentielle de l’élevage dans notre société.

