
Ce mardi, l’Assemblée nationale a adopté une loi de finances spéciale, un texte qui reconduit temporairement le budget de 2025. Ce dernier est essentiel pour garantir une continuité dans l’exécution des services publics tout en limitant les dépenses aux services jugés indispensables et votés l’année précédente.
EN BREF
- La loi de finances spéciale reconduit le budget de 2025 sans nouvelles dépenses.
- Des divergences entre Assemblée et Sénat compliquent l’approbation du budget.
- Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu insistent sur la nécessité d’un budget en janvier.
Ce texte ne prévoit pas de dépenses nouvelles, et cela inclut même le secteur de la défense, pourtant priorisé face à la menace russe. L’aidant aux viticulteurs, déjà touchés par le réchauffement climatique et la baisse de consommation de vin, est suspendue. De même, le recrutement de 1.600 agents de justice est mis en pause, soulevant des inquiétudes quant à l’avenir de la justice française.
En outre, une mesure préoccupante pourrait frapper 200.000 foyers, jusqu’ici non imposables. En effet, en 2026, ces derniers pourraient se retrouver imposés suite à la non-revalorisation des tranches du barème de l’impôt sur le revenu, un ajustement nécessaire face à l’inflation.
Contexte budgétaire et tensions politiques
Cette loi de finances spéciale a été rendue nécessaire par de profondes divergences entre l’Assemblée nationale et le Sénat, ce dernier étant dominé par la droite et hostile à tout prélèvement supplémentaire. Ces tensions ont entravé l’approbation du texte de budget de l’État, rendant la situation encore plus délicate à gérer.
Les parlementaires seront donc réunis en début d’année pour tenter de s’accorder sur une loi de financement de l’État. Cette résolution est d’autant plus cruciale que la France est actuellement confrontée à un endettement croissant. Les discussions précédentes n’ayant pas abouti à une trajectoire claire pour une réduction des déficits, la pression sera forte sur les élus et le gouvernement.
“Nous devrons au plus vite, en janvier, donner un budget à la nation”, a averti Emmanuel Macron. Le chef de l’État a souligné la nécessité de maintenir un déficit à 5 % du PIB tout en finançant les priorités étatiques. De son côté, Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a insisté sur la même exigence : “Un budget est inévitable en janvier et notre déficit doit être réduit à moins de 5 % du PIB en 2026.”
Le Premier ministre, conscient des enjeux politiques qui l’entourent, a déclaré : “Je reste persuadé que cela est possible, si les calculs politiques sont mis de côté. Le Parlement prendra ses responsabilités, le gouvernement aussi.” Cependant, si le Parlement échoue à voter le budget dans les délais impartis, la pression pour recourir à l’article 49.3 de la Constitution se fera sentir. Cet article permettrait d’adopter une loi sans vote, mais a été écarté à la demande des socialistes, nécessitant ainsi un accord de non-censure.
En synthèse, la situation budgétaire française reste instable. Les élus, et tout particulièrement le gouvernement, sont poussés à agir rapidement pour éviter des pénalités économiques. Les décisions prises dans les prochains mois auront un impact significatif sur la stabilité financière du pays et le quotidien des citoyens.

