
Des perquisitions ont eu lieu jeudi dernier, 12 octobre, au domicile de Rachida Dati, actuelle ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement de Paris, dans le cadre d’une enquête pour corruption. Ce type d’opération est mené par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Selon des sources proches du dossier, l’enquête se concentre sur des soupçons selon lesquels Rachida Dati aurait perçu 299 000 euros d’honoraires de GDF Suez alors qu’elle était députée européenne, sans en déclarer la provenance au Parlement européen.
EN BREF
- Des perquisitions ont été effectuées au domicile de Rachida Dati dans le cadre d’une enquête pour corruption.
- Elle est soupçonnée d’avoir perçu 299 000 euros d’honoraires non déclarés au Parlement européen.
- Dati doit comparaître devant le tribunal dans un autre dossier de corruption impliquant Carlos Ghosn.
Les perquisitions ont été réalisées dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 14 octobre, qui vise à faire lumière sur les liens financiers de la ministre avec GDF Suez. Ce sont des instances judiciaires à Paris qui supervisent actuellement cette enquête. Il est notable qu’un précédent reportage diffusé au début du mois de juin sur France 2 a révélé que les fonds de GDF Suez avaient transité par un cabinet d’avocats, STC Partners, avant de revenir aux comptes de Mme Dati en 2010 et 2011.
D’après cette même enquête, il est apparu que l’origine de ces revenus n’a pas été déclarée, ce qui enfreindrait les règles établies pour éviter les conflits d’intérêts au sein du Parlement européen. Le témoignage des députés européens et des textes législatifs imposent clairement la transparence, soulignant l’importance d’une déclaration des honoraires perçus par les élus.
Précédents et défis judiciaires
Interrogé par l’AFP, l’entourage de Rachida Dati a choisi de ne pas commenter ces allégations. Toutefois, elle a récemment qualifié ces accusations de « diffamatoires », assurant que les documents en question avaient déjà été examinés par la justice dans le cadre d’une autre enquête dite « affaire Carlos Ghosn », où elle fait face à une mise en examen pour corruption passive.
« Tout cela est déclaré, est très au clair », a-t-elle affirmé, niant fermement avoir été rémunérée par GDF Suez.
Rachida Dati, ministre de la Culture
Malgré ces affirmations, des sources indiquent que les documents comptables du cabinet STC n’ont pas encore été saisis ni examinés par la justice. Cela soulève des questions quant à la profondeur des enquêtes et à la traçabilité des fonds.
En parallèle, Rachida Dati est également poursuivie dans un autre dossier lié à des accusations de corruption et de trafic d’influence, en lien avec Carlos Ghosn, l’ex-directeur de Renault-Nissan. Le procès afférent à cette affaire est prévu du 16 au 28 septembre 2026, une échéance qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur la carrière de la ministre.
Pour aggraver son cas, elle est sous le coup d’une autre enquête ouverte par le parquet de Paris, concernant une éventuelle non-déclaration de bijoux de luxe. Ce cumul d’affaires met en lumière non seulement la complexité de sa situation juridique, mais également les défis institutionnels auxquels elle est confrontée dans le cadre de ses fonctions publiques.
Dans ce climat d’incertitude, les questions sur la probité et l’éthique au sein du gouvernement sont plus que jamais d’actualité. Le cas de Rachida Dati pourrait en effet servir de point de référence pour des réformes futures en matière de transparence des élus, un sujet qui préoccupe de nombreux citoyens.

