
Édouard Balladur est en deuil. Ce mercredi 31 décembre, l’ancien Premier ministre a officiellement annoncé le décès de son épouse, Marie-Josèphe, à l’âge de 91 ans. Cet événement triste marque la fin d’une vie partagée depuis plus de six décennies avec l’homme politique, qui a été en fonction sous la présidence de François Mitterrand entre 1993 et 1995. Au travers de ce départ, c’est toute une histoire familiale qui s’éteint, laissant derrière elle quatre fils et une descendance comprenant petits-enfants et arrière-petits-enfants.
EN BREF
- Marie-Josèphe Balladur est décédée ce 31 décembre à 91 ans, après une longue maladie.
- Elle laisse derrière elle quatre fils et une importante descendance.
- Le couple a partagé une vie intime, loin du monde politique et riche en complicité.
Marie-Josèphe avait épousé Édouard Balladur le 28 août 1957 à Saint-Amour, dans le Jura. Leur histoire a débuté à l’âge de 20 ans, grâce à un frère qui était étudiant à Sciences Po et à l’ENA. Ensemble, ils ont partagé une vie simple et harmonieuse, loin des tumultes politiques que son mari a connu. Dans un entretien rare accordé à Paris Match en 1995, Marie-Josèphe avait confié : « Je ne sais plus quelle femme a répondu avant moi : ‘Sa muse, non. Mais je l’amuse’. Cette définition pourrait me convenir. »
Sous ses mots, on voyait l’esprit d’une femme qui a toujours cherché à préserver leur vie de couple d’éventuelles tensions politiques. Elle racontait ainsi qu’elle ne souhaitait pas donner une place prépondérante à la politique dans leur foyer, affirmant que son mariage ne se résumait pas seulement à la position de son époux : « Je dis ce que je pense et ce qui me passe par la tête… N’oubliez pas que j’ai longtemps été la seule femme à la maison parmi cinq hommes ; il fallait bien jouer ce rôle. »
Marie-Josèphe Balladur évoquait également la forte valeurs familiales qui unissaient les Balladur. Elle se remémorait les moments passés en famille, où Édouard aimait se retrouver entouré des siens. « Ce qu’il aime avant tout, c’est se retrouver en famille, retrouver une certaine densité. Le ‘premier cercle’, enfants et petits-enfants, » confiait-elle.
Une vie partagée dans la simplicité
La complicité du couple s’exprimait dans leur quotidien. Les soirées passées ensemble, quand ils n’étaient pas entourés de leurs enfants, étaient souvent simples. « Salade, jambon, fromage. Il se couche tôt et lit très longtemps. Toujours plusieurs livres à la fois — cinq ou six, » dévoilait Marie-Josèphe. Ces détails, teintés de tendresse, esquissent un portrait d’un couple qui s’aimait profondément, partageant des petits rituels devenus des habitudes.
Marie-Josèphe parlait aussi des petites disputes qui émaillaient leur vie. Elle racontait avec humour que chacune boude de son côté, avant que son mari ne revienne, car « il déteste le silence. Comme s’il me demandait avant tout de le distraire, » confiait-elle avec tendresse. Ce quotidien ordinaire, ponctué de délicates attentions et de rituels affectueux, dessinait une vie de complicité et de soutien mutuel.
Édouard Balladur comme père
Dans cet échange précieux, Marie-Josèphe a également discuté du rôle de son mari en tant que père. « Sévère avec les deux premiers, sans plus. Beaucoup plus détendu avec les deux autres, » précisait-elle, soulignant sa manière d’éduquer leurs quatre fils. Elle ne manquait pas d’évoquer des anecdotes, comme celles où il refusait d’imposer une heure de rentrée.
Chaque moment partagé reflétait un homme à la fois bon père et mari dévoué.
Édouard Balladur, bien que connu pour sa carrière politique, était avant tout un homme de cœur, profondément attaché aux valeurs familiales. Le souvenir de leur vie commune, riche de simplicité et d’amour, restera sans aucun doute vivant dans les esprits de ceux qui ont connu le couple au gré des années.
Cette triste nouvelle résonne dans le cœur de tous ceux qui ont suivi le parcours d’un homme et d’une femme exemplaires. Marie-Josèphe Balladur a su créer un foyer chaleureux, tout en laissant une empreinte indélébile sur ceux qui l’ont côtoyée. Les souvenirs précieux qu’elle a laissés serviront à perpétuer la mémoire d’une vie dédiée à l’amour et à la famille.

