Le jeûne intermittent connaît un succès grandissant, particulièrement sur les réseaux sociaux, où il est souvent présenté comme une solution miracle pour la perte de poids. Cette méthode, qui alterne des phases de jeûne et des périodes de prise alimentaire, se décline en plusieurs formats, le plus courant étant le « 16/8 », qui consiste à jeûner pendant 16 heures et à manger sur une fenêtre de 8 heures, par exemple entre midi et 20 heures.
EN BREF
- Une revue systématique évalue l’efficacité du jeûne intermittent sur la perte de poids.
- Aucune différence significative n’est observée par rapport aux régimes classiques.
- Le jeûne peut convenir à certains, mais ne justifie pas l’engouement général.
Dans ce contexte, l’Institut Pasteur souligne que des pauses prolongées entre les repas peuvent diminuer le risque de maladies cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux et de cancers. Toutefois, la question demeure : le jeûne intermittent est-il réellement efficace pour perdre du poids ? Pour répondre à cette interrogation, des chercheurs ont réalisé une revue systématique, regroupant et évaluant les études existantes sur le sujet.
Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue Cochrane Database of Systematic Reviews, s’appuient sur des données recueillies de 22 essais cliniques impliquant près de 2 000 adultes issus d’Amérique du Nord, d’Europe, de Chine, d’Australie et d’Amérique du Sud. Ces études ont examiné diverses formes de jeûne intermittent, telles que le jeûne en jours alternés, le jeûne périodique et l’alimentation limitée dans le temps. La période de suivi des participants a varié, atteignant un maximum de 12 mois.
En comparant le jeûne intermittent aux recommandations diététiques classiques et à l’absence d’intervention, les chercheurs n’ont observé aucune différence cliniquement significative en termes de perte de poids. Luis Garegnani, auteur principal de l’étude, a déclaré : « Le jeûne intermittent ne semble pas être efficace pour les adultes en surpoids ou obèses qui cherchent à maigrir ».
En outre, le chercheur met en garde contre les dangers d’une telle pratique. Il précise que, bien qu’elle puisse être une option raisonnable pour certaines personnes, les preuves actuelles ne justifient pas l’engouement observé sur les réseaux sociaux. « L’obésité est une maladie chronique. Les essais à court terme ne permettent pas d’orienter les décisions à long terme des patients et des cliniciens », a-t-il ajouté.
Ces conclusions rejoignent celles de l’Inserm, qui rappelle que « la plupart des publications ne montrent pas de supériorité du régime intermittent par rapport à d’autres régimes en matière de perte de poids ». L’institut insiste également sur l’importance d’une alimentation équilibrée, accompagnée d’un soutien médical, qui reste une approche efficace pour de nombreuses personnes.
Cependant, les auteurs de la revue systématique mentionnent que ces résultats, bien qu’instructifs, ne peuvent pas être généralisés à l’ensemble de la population. Ils peuvent varier selon divers facteurs tels que le sexe, l’âge, l’origine ethnique, l’état de santé, les troubles alimentaires ou les comportements sous-jacents.
En somme, bien que le jeûne intermittent suscite un intérêt croissant et soit célébré par certains comme une méthode efficace pour perdre du poids, les recherches menées jusqu’à présent soulignent des résultats mitigés. Il est essentiel pour les individus de considérer ces éléments avant de s’engager dans un tel régime.