Le calendrier réserve parfois des surprises, et l’année 2030 en fera partie. Peu de croyants auront l’occasion de vivre deux mois de Ramadan dans une même année civile, entre le 1er janvier et le 31 décembre. Ce scénario, qui peut sembler surprenant, repose sur une mécanique bien connue du calendrier islamique.
EN BREF
- Deux mois de Ramadan cohabiteront en 2030, un phénomène rare.
- Le Ramadan débutera autour du 5 janvier et se terminera fin décembre.
- Cette situation s’explique par le décalage entre le calendrier lunaire et grégorien.
Le jeûne du Ramadan est un pilier fondamental de la pratique musulmane. Durant près d’un mois, les fidèles s’abstiennent de manger et de boire du lever au coucher du soleil. Cette période est marquée par la discipline personnelle, la prière et la réflexion intérieure. En France, où vivent plusieurs millions de musulmans, le Ramadan structure non seulement la vie spirituelle, mais aussi l’organisation familiale et sociale.
Pour comprendre pourquoi deux Ramadan cohabiteront dans une même année civile, il est essentiel d’examiner le calendrier islamique. Contrairement au calendrier grégorien, le calendrier hégirien est lunaire. Chaque mois dure entre 29 et 30 jours, ce qui donne un total d’environ 354 jours par an. Ce décalage fait que le mois de Ramadan avance d’environ dix jours chaque année.
Actuellement, le Ramadan 2026 devrait débuter autour du 19 février, selon les observations lunaires. Année après année, le mois sacré glisse à travers les saisons, passant de l’hiver à l’été puis à l’automne, avant de revenir à son point de départ.
En 2030, une première période de jeûne commencera aux alentours du 5 janvier, suivie d’une seconde phase qui débutera vers le 26 décembre. Ainsi, moins de 365 jours se seront écoulés entre ces deux Ramadan, bien qu’une année lunaire complète aura été vécue.
Cette occurrence n’est pas sans précédent, même si elle demeure exceptionnelle. La dernière fois que cela s’est produit remonte à 1997. Après 2030, il faudra attendre plus de trois décennies pour observer une telle situation. Ce phénomène résulte simplement de l’écart structurel entre les deux systèmes de datation et de la façon dont ils s’entrelacent parfois.
Sur le plan pratique, ces mouvements calendaires ont des conséquences tangibles. Lorsque le Ramadan se déroule en hiver, les journées plus courtes rendent le jeûne plus facile à supporter. La rupture du jeûne se fait tôt en soirée, et la chaleur n’est pas un facteur limitant. En revanche, lorsque le Ramadan tombe en été, les journées peuvent être longues, mettant à l’épreuve l’endurance des pratiquants.
Le passage vers des dates hivernales, amorcé depuis plusieurs années, offre donc une expérience différente de celle vécue au cœur de l’été. En 2030, cette impression sera accentuée par la proximité de deux périodes de jeûne dans la même année civile. Cela constitue un rappel concret que le temps religieux suit son propre rythme, distinct des habitudes administratives, et que la répétition des saisons renouvelle sans cesse la façon de vivre un rite.