François Hollande : l’Europe face à un monde en mutation et l’influence de Donald Trump 

  • janvier 10, 2026
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Ce mardi, l’ancien président de la République française, François Hollande, a exprimé ses vives préoccupations quant à la politique internationale menée par les États-Unis sous la présidence de Donald Trump. Selon lui, l’Europe peine à saisir l’évolution des rapports de force mondiaux, notamment à propos du respect du droit international et de la protection des démocraties.

EN BREF

  • François Hollande critique la politique étrangère des États-Unis.
  • Il souligne une rupture dans la solidarité transatlantique.
  • L’ancien président s’inquiète des conséquences de l’enlèvement de Nicolás Maduro.

Interrogé sur France Info, Hollande a déclaré qu’il y avait deux manières d’aborder la relation avec Trump. D’une part, adopter une position conciliatrice en espérant influencer l’actuel président américain ; d’autre part, lui tenir tête. Il a précisé que, selon lui, Trump était avant tout guidé par une approche de rapport de force, affirmant que « ce qui compte pour lui, c’est de mesurer jusqu’où il peut aller sans être arrêté dans ses décisions ».

La méthode Trump : entre force et négociation

François Hollande a ajouté que Donald Trump utilise une méthode bien connue : « il fait un acte de force et ensuite il négocie un deal ». Il a illustré ses propos en évoquant la crise vénézuélienne, soulignant que l’enlèvement de Nicolás Maduro était une forme d’agression illégale. Selon Hollande, cette démarche n’est pas simplement une stratégie policière, mais un changement radical dans la façon de voir la politique internationale.

En effet, Hollande ne cache pas son inquiétude vis-à-vis de la stratégie américaine : « après le pétrole du Venezuela, il va faire pression pour avoir un contrôle stratégique, voire un contrôle des ressources du Groenland ». Pour lui, l’« Europe ne comprend pas le monde qui a changé », face à un Trump qui semble voler en éclats l’idée de solidarité transatlantique, traditionnellement considérée comme le fondement des relations américano-européennes.

Une vision préoccupante du droit international

Alors que l’ancien président français ne minimise pas les manquements du régime de Maduro, qu’il qualifie de « dictateur », il qualifie néanmoins son enlèvement d’« illégal ». Pour Hollande, cette action pourrait avoir des répercussions très néfastes sur la perception du droit international à l’échelle mondiale.

Il poursuit en précisant que cette approche brutale des États-Unis pourrait être perçue par des puissances comme la Chine et la Russie comme un signal que le droit international n’existe plus vraiment. Selon lui, ces pays pourraient en profiter pour redéfinir les rapports de force au détriment des normes de coopération et de coexistence pacifique qui avaient prévalu jusqu’à présent.

En somme, François Hollande met en garde contre une interprétation erronée de la situation internationale, où l’Europe doit maintenant naviguer dans un monde où le respect des normes internationales est de plus en plus contesté. La position américaine sous Trump semble loin de l’image d’un protecteur engagée dans la défense de la démocratie en Europe et dans le monde.

Cette évaluation dessine un tableau complexe des relations internationales actuelles, où l’Europe pourrait se trouver isolée si elle ne parvient pas à réévaluer ses stratégies face à un changement de dynamique mondiale. Face à cette situation, il demeure essentiel d’interroger les moyens de renouer les fils d’une diplomatie constructive.