
Dimanche dernier, la France a dit adieu à Brigitte Bardot, décédée à 91 ans dans sa résidence de Saint-Tropez. Sa disparition a suscité une onde de choc à travers le pays, laissant orphelins nombre de ses admirateurs. Dès l’annonce de son décès, le président Emmanuel Macron a réagi sur Twitter en saluant son parcours : “Ses films, sa voix, sa gloire éblouissante, son visage devenu Marianne… Brigitte Bardot incarnait une vie de liberté”. Cependant, il n’a pas fait mention d’une cérémonie officielle en son honneur.
EN BREF
- Brigitte Bardot s’est éteinte à 91 ans, suscitant une forte émotion nationale.
- Éric Ciotti demande un hommage national tandis qu’Olivier Faure s’y oppose en dénonçant des condamnations passées.
- La question du symbolisme politique entourant un hommage à Bardot reste au cœur des débats.
Aussitôt après, la question d’un hommage national à Brigitte Bardot s’est insérée dans le débat public. Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, a été parmi les premiers à revendiquer ce droit, affirmant que la France a un devoir d’honorer cette figure emblématique. Dans les heures qui ont suivi, il a lancé une pétition qui a déjà recueilli plus de 8 000 signatures, illustrant un fort soutien à cette initiative.
Des réactions contrastées au sein de la classe politique
Les déclarations de Ciotti illustrent une volonté d’ériger Bardot en symbole national. Il a témoigné sur les réseaux sociaux : “Alors que la gauche déverse une haine injustifiée, le Président doit avoir le courage d’organiser un hommage national”. Marine Le Pen a également salué la mémoire de Bardot, la désignant comme une femme exceptionnelle de talent, de courage et de beauté.
Cependant, cette demande a provoqué une réaction immédiate du leadership de gauche. Olivier Faure, le patron du Parti socialiste (PS), a souligné que les hommages nationaux sont réservés aux personnes ayant rendu des services exceptionnels à la Nation. Il a rappelé les diverses condamnations de Bardot pour des propos jugés racistes, déclarant : “Brigitte Bardot a marquer le cinéma français, mais elle a aussi retourné le dos aux valeurs républicaines”.
Au sein du PS, une ligne plus modérée a été exprimée par Philippe Brun, qui a déclaré : “Pourquoi pas un hommage, si c’est le choix du président ?”. En revanche, l’écoféministe Sandrine Rousseau a dénoncé l’inaction face à des drames tels que la mort de migrants en Méditerranée, questionnant la légitimité des émoluments accordés à Bardot.
Un héritage complexe
Brigitte Bardot, autrefois icône du progrès, a connu une transition complexe. Sa carrière cinématographique a été éclipsée par un engagement fort pour la cause animale. Cependant, son soutien à des figures controversées, notamment d’extrême droite, a assombri son image. Qualifiant Marine Le Pen de “femme admirable”, Bardot a suscité une profonde inquiétude chez ses détracteurs et a intensifié les tensions autour de son patrimoine symbolique.
La possibilité d’un hommage national, décidé par l’Élysée, poserait la question de ce que la France choisit d’incarner comme valeurs. Ce débat ne concerne pas uniquement Bardot, mais renvoie à des interrogations plus larges sur le passé, la culture et les représentations politiques. Paradoxalement, la vie de Bardot, faisant d’elle à la fois une icône et une controversée, nourrit un débat qui va bien au-delà de sa simple biographie.

