Kering face à un tournant décisif : Luca de Meo sur le devant de la scène

Le groupe de luxe français Kering se prépare à une phase cruciale de son développement, marquée par des enjeux importants pour sa marque phare, Gucci. Ce jeudi à Florence, lors du « Capital Markets Day », Luca de Meo, son directeur général, présentera une feuille de route destinée à redynamiser une entreprise en proie à des difficultés. En effet, la marque Gucci, qui représente environ 40 % du chiffre d’affaires de Kering, a subi un désamour considérable, notamment en raison d’un contexte économique difficile.

EN BREF

  • Kering se prépare pour une présentation clé lors du « Capital Markets Day ».
  • Luca de Meo, nouveau directeur général, a pour mission de redonner de l’attrait à Gucci.
  • Des ventes en recul de 6 % pour le premier trimestre, principalement à cause de Gucci.

Depuis son arrivée en juin dernier, Luca de Meo, ancien patron de Renault, a mis en place des mesures visant à unifier le groupe et à rassurer sur sa situation financière. En plus de céder la division beauté à L’Oréal pour 4 milliards d’euros, il a repoussé l’acquisition de Valentino de deux ans. Le groupe a également pris des décisions stratégiques, comme la vente d’un prestigieux immeuble à Milan à un groupe qatari pour plus d’un milliard d’euros. Ces initiatives visent à alléger un endettement qui s’élevait à huit milliards d’euros à la fin de l’année 2025.

Le discours de Luca de Meo lors de l’événement de jeudi est particulièrement attendu. Dans un climat de ralentissement général du marché du luxe, il devra convaincre les investisseurs que Kering peut redevenir désirable. Les analystes, comme Luca Solca de Bernstein, estiment que son arrivée a été bénéfique, apportant une vision nouvelle et des processus de décision plus agiles, essentiels pour rétablir la confiance. Anne-Laure Bismuth de HSBC souligne également que ce changement de direction pourrait se traduire par un retour à la croissance, anticipé pour 2026.

Pourtant, les résultats du premier trimestre, publiés mardi après la clôture de la Bourse, témoignent de la pression persistante. Kering a enregistré un chiffre d’affaires de 3,57 milliards d’euros, en recul de 6 % par rapport à l’année précédente, en grande partie à cause de la contre-performance de Gucci. Ce dernier a été particulièrement affecté par la guerre au Moyen-Orient, qui a eu un impact sur les ventes.

Dans un communiqué, Kering a exprimé sa satisfaction quant aux progrès réalisés, qualifiant cette période de « première étape significative dans sa trajectoire de redressement ». Luca de Meo a également initié une transformation interne, avec la nomination de Francesca Bellettini au poste de PDG de Gucci. De plus, deux nouveaux pôles ont été créés, axés sur l’industrie et les clients, dans le but d’optimiser l’efficacité opérationnelle.

Alors que Kering cherche à diversifier ses sources de revenus, la bijouterie émerge comme un secteur prometteur. Une nouvelle entité a été formée, rassemblant des maisons de joaillerie telles que Boucheron et Pomellato, pour tirer parti de ce levier de croissance. Le groupe envisage également de mettre davantage en avant ses autres marques, comme Yves Saint Laurent, afin de réduire sa dépendance à Gucci, un terme que Luca de Meo a clairement identifié comme un enjeu stratégique.

Ce tournant décisif pour Kering pourrait bien redéfinir le paysage du luxe, alors que l’entreprise s’efforce de retrouver son lustre d’antan. La capacité de Luca de Meo à naviguer dans ces eaux tumultueuses sera scrutée de près par les investisseurs et les analystes. En effet, après avoir résolu la question de l’endettement, son défi majeur réside désormais dans la relance des marques et le redressement de la réputation du groupe sur le marché. L’avenir de Kering dépendra de sa capacité à séduire à nouveau sa clientèle et à s’imposer comme un leader dans le secteur du luxe.