À l’occasion de la journée mondiale contre le cancer, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé un programme de dépistage collectif du cancer du poumon qui débutera en mars 2026. Ce projet vise à dépister 20 000 personnes, en ciblant spécifiquement les populations à risque.
EN BREF
- Un dépistage collectif du cancer du poumon pour 20 000 personnes commence en mars 2026.
- Ciblé sur les fumeurs de 50 à 74 ans, le programme comprend deux scanners thoraciques.
- Objectif : diagnostiquer le cancer à un stade précoce pour améliorer les chances de survie.
Ce premier dépistage collectif, annoncé par le gouvernement, répond à une nécessité croissante, alors que le cancer du poumon représente le troisième cancer le plus fréquent en France et demeure l’un des plus mortels. La ministre a souligné qu’il n’existe pas actuellement de politique de dépistage collectif similaire à celle mise en place pour le cancer du sein ou du côlon, affirmant : « C’est ce que nous voulons faire demain ».
Le programme, baptisé IMPULSION, a été présenté par l’Institut national du cancer (INCa) en janvier 2025. Il vise à établir un cadre pour un dépistage de masse d’ici 2030. Stéphanie Rist a précisé que l’objectif est de déterminer quels Français doivent bénéficier d’un dépistage et de passer à une approche systématique. Ce suivi pourrait ainsi offrir une meilleure prise en charge en détectant le cancer à un stade précoce, avant l’apparition des symptômes.
Critères de sélection des participants
Les dépistages ciblés s’adresseront aux personnes âgées de 50 à 74 ans, qui sont soit des fumeurs, soit des ex-fumeurs ayant arrêté depuis moins de 15 ans. Les participants devront également avoir une consommation tabagique cumulée de moins de 20 paquets-années. Cela signifie qu’une personne ayant fumé 2 paquets par jour pendant 10 ans ou 1 paquet par jour pendant 20 ans pourra être éligible.
Les volontaires bénéficieront de deux scanners thoraciques à faible dose, réalisés à un an d’intervalle, puis tous les deux ans. Ce suivi régulier est essentiel pour détecter rapidement d’éventuelles tumeurs pulmonaires. Parallèlement, un accompagnement au sevrage tabagique sera proposé, renforçant ainsi l’efficacité du dépistage.
Efficacité du dépistage
Des études passées ont démontré que la réalisation de scanners thoraciques à faible dose chez les sujets à risque peut significativement améliorer le taux de détection des tumeurs pulmonaires à un stade précoce. Selon des experts de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (APHP), cette méthode pourrait réduire le risque de décès par cancer du poumon.
Le Pr Norbert Ifrah, président de l’INCa, a également noté que l’application de ce type de dépistage pourrait diminuer la mortalité liée à ce cancer de 20 à 25 %. Ce programme pilote pourrait donc être un tremplin vers un dépistage généralisé du cancer du poumon dans les années à venir, offrant ainsi un espoir nouveau aux milliers de Français concernés.
En somme, cette initiative marque une avancée significative dans la lutte contre le cancer du poumon en France. En ciblant les populations à risque et en proposant un suivi régulier, le gouvernement espère non seulement sensibiliser sur l’importance du dépistage, mais également améliorer les taux de survie des patients diagnostiqués à un stade précoce.