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  • janvier 1, 2026
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Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac : Les chemins croisés des ennemis politiques

Dans le paysage politique français, l’antagonisme entre Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac est l’un des épisodes les plus marquants du dernier quart de siècle. Ces deux figures emblématiques, qui se sont souvent affrontées dans des meetings et à travers les médias, ont vu leurs destins s’entrelacer de manière inattendue lors du second tour de l’élection présidentielle de 2002. Cet événement a déclenché une réaction populaire massive contre le Front national, avec un refus catégorique de Chirac de débattre avec Le Pen, qui avait alors surpris tout le monde en accédant à ce stade de l’élection. Chirac, triomphant, a obtenu 82,2 % des voix, mais l’histoire de leur rivalité est bien plus complexe et mérite d’être revisitée.

EN BREF

  • Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac ont entretenu une rivalité historique au sein de la politique française.
  • Leurs chemins se sont croisés à plusieurs reprises avant leur affrontement de 2002, révélant des manœuvres politiques délicates.
  • Les rencontres entre les deux hommes ont souvent été entourées de controverses et de mystères.

Au fil des ans, leurs affrontements ont pris différentes formes. Lors de l’élection présidentielle de 1988, Jacques Chirac, alors dirigé par le Rassemblement pour la République (RPR), s’est retrouvé face à Le Pen, qui avait obtenu 14,3 % des voix au premier tour. Chirac, flirtant avec les 20 %, devait rallier les voix du Front national pour espérer battre le président sortant François Mitterrand. À cette occasion, un dialogue s’est amorcé, orchestré par Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur et proche du leadership chiraquien.

Les stratégies de rencontre

Pasqua, conscient du défi, avait déclaré dans une interview au Valeurs actuelles que « sur l’essentiel, le Front national se réclame des mêmes valeurs que la majorité ». Cette déclaration, perçue comme une véritable provocation, a ouvert la voie à une rencontre entre Chirac et Le Pen, entretenue par les calculs électoraux de l’époque. La motivation de Chirac, selon Pasqua, était de capter les voix de Le Pen pour éviter de laisser ces électeurs se tourner vers Mitterrand.

« Je ne vois pas pour quelle raison Chirac n’aurait pas rencontré Le Pen pour ne pas laisser ces voix se diriger vers Mitterrand. »

Charles Pasqua

Le premier ministre, qui n’a jamais considéré Le Pen comme une menace réelle, croyait en la possibilité de faire disparaître le Front national comme une simple manœuvre de Mitterrand. Un regard rétrospectif sur ces événements nous apprend que Chirac, tout en maintenant un mépris public pour Le Pen, avait pris soin de se rapprocher tactiquement de lui dans l’ombre.

Une poignée de main emblématique

Le moment charnière de cette rivalité est illustré par une photographie devenue célèbre, prise en été 1987, où l’on voit Chirac serrer la main de Le Pen au Cap d’Antibes. Ce cliché, immortalisé par Bernard d’Ormale, a soulevé de nombreuses interrogations. Les circonstances entourant cette image illustrent bien la complexité de leurs interactions. Les deux hommes, en vacances dans la même région, ne pouvaient éviter un contact fortuit. D’Ormale a relaté que cette image a été prise alors qu’il exhortait Le Pen à saluer Chirac pour une « courtoisie parlementaire ».

« Chirac passe finalement avec dans les mains des chaussures taille 44 fillette, Le Pen sort, ils se saluent, et moi je prends mon petit Kodac Instamatic et fais la photo. C’était rigolo ! »

Bernard d’Ormale

Ce clin d’œil anecdotique d’un fait banal a pris des proportions inattendues, symbolisant la tension ambiante de la politique française. Pour Le Pen, ce cliché a servi de preuve de son existence sur la scène politique, surtout lors du second tour de 2002 où il a défié Chirac avec une audace inédite.

Les répercussions de la rivalité

Chaque rencontre, chaque déclaration, a fortement influencé l’opinion publique sur les relations entre la droite classique et l’extrême droite. Ces interactions ont non seulement redéfini leur image respective, mais ont également fallu un réel impact sur la stratégie politique en France. Avec le recul, on réalise à quel point Chirac a voulu minimiser l’importance du Front national, pensant que le phénomène n’était qu’un effet de mode et sous-estimant ainsi l’électorat qui s’y rattachait.

En somme, l’histoire de Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac est celle d’une danse politique complexe, faite de stratégies, de calculs électoraux et d’un affrontement symbolique culminant en 2002. L’étude de leur rivalité demeure essentielle pour comprendre les dynamiques actuelles de la politique française et l’ascension des partis populistes.