« Pierre Moscovici parle de sa paternité tardive : “Mon fils est l’essentiel” »

  • décembre 17, 2025
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À quelques jours de son départ de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, Premier président de cette institution, a accordé un entretien exclusif à Paris Match. Dans cette conversation, il évoque les défis de son rôle, ainsi que les sacrifices qu’implique la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. C’est une réflexion profonde sur le temps qui passe et les priorités qu’il a choisies dans sa vie.

EN BREF

  • Pierre Moscovici revient sur ses années à la Cour des comptes et sa volonté de concilier sa vie de fonctionnaire et de père.
  • Une introspection sur la génération à laquelle il appartient et son rapport au temps.
  • Il projette l’avenir tout en gardant une humilité face au temps qui passe.

Dans son bureau, un dessin réalisé par son fils Joseph occupe une place centrale. Cette œuvre colorée symbolise non seulement son attachement familial mais révèle également la volonté de Moscovici de se rapprocher de son fils en assumant ses responsabilités au sein de la Cour. À soixante ans, il redéfinit son rôle de père, conscient du fossé générationnel qui le sépare de son enfant. Sa voix trahit une admiration profonde pour ce lien, mêlée à une certaine appréhension quant à l’écoulement du temps.

Au cours de l’entretien, il se remémore ses premiers pas dans la vie politique et la pression liée à son nom. « J’ai choisi de ne pas faire le métier de mes parents », explique-t-il. En effet, Pierre Moscovici, fils de Serge Moscovici, un éminent théoricien de l’écologie politique, a délibérément décidé de tracer son propre chemin. “Pour mon fils, il y a un tel écart générationnel qu’aucun risque de cette nature n’existe”, souligne-t-il, conscient de l’unicité de chaque parcours.

La politique n’était pas son premier choix de carrière. « Sans Dominique Strauss-Kahn, sans Lionel Jospin, je serais resté haut fonctionnaire », confie-t-il. Son parcours témoigne d’un parcours de vie entre ombre et lumière, un équilibre délicat qu’il s’efforce de maintenir. En s’appuyant sur la sagesse du passé, il se remémore les conseils d’Olof Palme :

« Quand tu es dans l’opposition, agis comme si tu étais au gouvernement ; quand tu es au gouvernement, n’oublie pas que tu viens de l’opposition. »

Il aborde également des sujets préoccupants, tel que le défi des politiques publiques, qui doivent parler aux citoyens. « Je me méfie des experts enfermés dans leur logique purement technique », affirme-t-il. « Une bonne politique publique doit être acceptable pour les citoyens. » Cette vision pragmatique nourrit son engagement et son approche de la gouvernance.

Pierre Moscovici anticipe son futur avec une perspective réfléchie. Bien qu’il ait 68 ans, il ose dire : « Je me sens encore jeune », et il aspire toujours à être utile. « J’ai eu mon fils à 60 ans. À 80 ans, j’espère être là pour lui », dit-il avec détermination. C’est une vision où l’urgence de la vie se confronte à l’inéluctabilité du temps qui passe, tout en restant lucide sur son propre parcours.

En somme, cet entretien est bien plus qu’une simple réflexion sur sa carrière ou un bilan de ses années à la Cour des comptes. Pierre Moscovici se livre à une introspection sur le passage du temps, le sens de la paternité, et sa place au sein d’une société en mutation. Son engagement reste intact, et sa voix résonne à travers l’intensité de sa quête de sens dans un monde en perpétuelle évolution.