Quentin Deranque : six suspects mis en examen pour homicide volontaire

Le 12 fĂ©vrier 2026, Quentin Deranque, un militant nationaliste, a Ă©tĂ© tuĂ© Ă  Lyon lors d’un affrontement violent. Une semaine plus tard, six personnes ont Ă©tĂ© mises en examen pour homicide volontaire, tandis qu’un collaborateur du dĂ©putĂ© de La France insoumise, RaphaĂ«l Arnault, a Ă©tĂ© accusĂ© de complicitĂ©.

EN BREF

  • Six hommes mis en examen pour homicide volontaire suite Ă  la mort de Quentin Deranque.
  • Un collaborateur du dĂ©putĂ© RaphaĂ«l Arnault inculpĂ© de complicitĂ©.
  • La famille de la victime appelle au calme avant une marche en hommage.

Les Ă©vĂ©nements tragiques se sont dĂ©roulĂ©s en marge d’une confĂ©rence de l’eurodĂ©putĂ©e LFI, Rima Hassan, Ă  Sciences Po Lyon. Quentin Deranque Ă©tait prĂ©sent pour assurer la sĂ©curitĂ© des militantes du collectif identitaire NĂ©mĂ©sis, opposĂ©es Ă  la venue de l’élue. Malheureusement, il a Ă©tĂ© agressĂ© par plusieurs individus encagoulĂ©s, ce qui lui a valu un grave traumatisme crĂąnien et, finalement, la mort.

Les sept hommes identifiĂ©s comme suspects sont ĂągĂ©s de 20 Ă  26 ans et sont rĂ©putĂ©s proches du mouvement d’ultragauche Jeune Garde, fondĂ© par RaphaĂ«l Arnault. Les interpellations ont eu lieu dans la nuit de mardi Ă  mercredi, au cours desquelles deux suspects ont choisi de garder le silence. Les autres ont reconnu leur prĂ©sence sur les lieux et certains ont mĂȘme admis avoir portĂ© des coups Ă  Quentin et Ă  d’autres victimes.

Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a prĂ©cisĂ© que tous les suspects contestent l’intention de tuer, mais les accusations sont graves. En effet, l’enquĂȘte a Ă©tĂ© alimentĂ©e par des tĂ©moignages, des vidĂ©os et des Ă©lĂ©ments matĂ©riels, et bien que six des suspects soient dĂ©sormais Ă©crouĂ©s, un autre a Ă©tĂ© placĂ© sous contrĂŽle judiciaire. Il reste encore des personnes Ă  identifier selon le magistrat.

Jacques-Elie Favrot, le collaborateur de RaphaĂ«l Arnault, a Ă©tĂ© placĂ© en dĂ©tention provisoire. Son avocat, Me Bertrand Sayn, a affirmĂ© que son client n’avait pas portĂ© de coups directs ayant entraĂźnĂ© le dĂ©cĂšs de Quentin. De son cĂŽtĂ©, Adrian Besseyre, un autre proche du dĂ©putĂ©, a Ă©galement Ă©tĂ© Ă©crouĂ©. Ce dernier avait travaillĂ© avec Arnault jusqu’à peu avant les Ă©vĂ©nements tragiques.

La famille de Quentin Deranque a lancĂ© un appel Ă  la retenue et au calme, souhaitant que la marche en hommage prĂ©vue ne soit pas une occasion d’exprimer des opinions politiques. Ils ont clairement indiquĂ© qu’ils ne participeront pas Ă  cette initiative, espĂ©rant qu’elle se dĂ©roule dans le respect.

Le maire de Lyon, GrĂ©gory Doucet, a demandĂ© Ă  la prĂ©fecture d’interdire cette marche, invoquant des raisons de sĂ©curitĂ©. Les craintes sont alimentĂ©es par des appels Ă  la justice pour Quentin, largement relayĂ©s par l’extrĂȘme droite sur les rĂ©seaux sociaux. À ce jour, la prĂ©fecture n’a pas pris de dĂ©cision dĂ©finitive concernant l’autorisation de l’évĂ©nement.

En marge de cette affaire, le prĂ©sident Emmanuel Macron a exprimĂ© son souhait d’Ă©viter un engrenage de la violence et a insistĂ© sur le fait qu’en RĂ©publique, il n’y a pas de place pour les mouvements qui lĂ©gitiment la violence. Il a appelĂ© tous les extrĂȘmes Ă  faire le mĂ©nage dans leurs rangs, ciblant aussi bien l’extrĂȘme gauche que l’extrĂȘme droite.

Face Ă  la pression croissante sur La France insoumise, Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, a rĂ©affirmĂ© qu’il n’était pas question de suspendre RaphaĂ«l Arnault, prĂ©cisant que ce dernier ne pouvait ĂȘtre tenu responsable des actes de ses collaborateurs. En revanche, le ministre de la Justice, GĂ©rald Darmanin, a appelĂ© Arnault Ă  tirer les conclusions si des Ă©lĂ©ments graves Ă©taient Ă©tablis.

Cette tragédie soulÚve des questions cruciales sur la violence politique en France et met en lumiÚre les tensions croissantes entre différents groupes politiques.