Alors que le paysage politique français se prépare pour les élections présidentielles de 2027, l’eurodéputé Raphaël Glucksmann peine encore à officialiser sa candidature. Cependant, il s’attache à créer une dynamique avant l’été, soutenu par un nouveau livre et un meeting prévu pour le mois de juin.
EN BREF
- Raphaël Glucksmann, eurodéputé, ne s’est pas encore déclaré candidat.
- Il publie un livre et organise un meeting pour rassembler la gauche.
- Une initiative « Construire 2027 » est lancée avec des figures de la gauche.
Début mai, Glucksmann a affirmé qu’il était « bien trop tôt pour se déclarer candidat ». En attendant, il a pris la tête de la gauche lors des dernières élections européennes, avec un score de 13,8 %. Son intention est de ne pas officialiser sa candidature avant septembre, mais il travaille déjà à poser des jalons.
Le 28 avril, il a publié un livre intitulé Nous avons encore envie aux éditions Allary. Dans cet ouvrage, il appelle à un grand sursaut patriotique et esquisse les contours d’un nouveau contrat social, politique, civique et écologique, promettant de rendre la France fidèle à son histoire. Cette démarche vise à séduire les électeurs de gauche tout en se démarquant des courants plus radicaux.
Une coalition pour l’avenir
Glucksmann se positionne sur une ligne sociale-démocrate, pro-européenne et écologiste, tout en se distanciant du mouvement La France insoumise (LFI). Dans cette optique, il a formé une coalition avec des figures comme l’écologiste Yannick Jadot, le socialiste Boris Vallaud et l’ancien socialiste Emmanuel Maurel. Ensemble, ils ont lancé l’initiative Construire 2027, visant à établir un projet commun qui soit à la fois crédible et mobilisateur face à l’extrême droite.
Les réunions de cette coalition se tiennent régulièrement dans un restaurant parisien, la Maison Saint-Martin, où des personnalités de divers horizons politiques discutent des stratégies à adopter. « Il y a toujours des nouveaux », souligne Yannick Jadot, mentionnant des socialistes tels que Carole Delga et Nicolas Mayer-Rossignol, ainsi que des membres de la société civile.
Un projet ambitieux
Pour construire une candidature commune sur un spectre politique élargi, Jadot résume la stratégie en insistant sur la nécessité d’un programme solide, accompagné d’une équipe capable de gouverner. Cela inclut également un accord pour les prochaines législatives. Tous les membres de cette coalition sont convaincus que le Parti socialiste, ainsi qu’une partie des écologistes, les rejoindra pour mettre un terme à l’idée d’une primaire de la gauche, défendue par Olivier Faure.
Des signaux positifs semblent émerger, selon Sacha Houlié, un ancien député macroniste ayant rallié Glucksmann. Il évoque des indicateurs favorables à la candidature de l’eurodéputé. Dans le même temps, des figures comme François Ruffin et Fabien Roussel, déjà candidats ou potentiellement candidats, seront confrontés à un choix difficile si la dynamique autour de Glucksmann s’intensifie.
La désignation du candidat le mieux placé interviendra après la constitution de l’équipe, un processus dont Glucksmann semble avoir déjà anticipé les étapes. Actuellement, il est perçu comme celui qui dispose des meilleures intentions de vote dans cet espace politique, avec un score autour de 12 % dans les sondages, ce qui le place en position stratégique face à Jean-Luc Mélenchon.
Pour afficher son ambition, Glucksmann a prévu un meeting le 13 juin à Aubervilliers. Il y exposera son désir de mener le pays et promet de convaincre ceux qui pourraient douter de sa capacité à diriger. « Ce que vont retenir les gens, c’est que ce type-là peut diriger le pays », avance Yannick Jadot, tout en prévoyant que le moment du rassemblement se produira en septembre.
Cependant, au sein du Parti socialiste, des voix s’élèvent contre cette dynamique. Certains députés doutent de la capacité de Glucksmann à rivaliser avec Eric Zemmour dans un débat, faisant référence à un affrontement antérieur qui n’a pas été concluant. De plus, une note controversée d’un de ses conseillers, suggérant d’éviter certaines cibles électorales, a été rejetée par Glucksmann, qui se dit résolument opposé à cette approche.
Dans l’entourage d’Olivier Faure, des critiques émergent également concernant le thème de « la Nation », central dans le livre de Glucksmann, qui ne correspondrait pas à l’angle traditionnel d’un candidat de gauche. Malgré ces réticences, l’eurodéputé continue d’avancer ses pions dans le jeu politique, déterminé à construire une alternative solide pour les années à venir.