Sébastien Lecornu réforme les avantages des ex-ministres, sauf pour certaines personnalités !

  • janvier 6, 2026
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Il l’avait promis : mercredi dernier, Sébastien Lecornu a mis un terme aux avantages réservés aux anciens ministres. Toutefois, comme l’a observé Le Parisien, cette décision ne concerne pas tout le monde. Pourquoi un tel compromis ? Découvrons ensemble les enjeux de cette réforme.

EN BREF

  • Sébastien Lecornu a annoncé la suppression des avantages pour les anciens ministres.
  • Deux catégories d’ex-ministres sont exemptées : ceux sous menace et les récents démissionnaires.
  • Les opinions sont partagées sur la légitimité de cette mesure au sein des anciens responsables politiques.

Arrivé à Matignon en septembre dernier après plusieurs mois d’instabilité politique, Sébastien Lecornu a voulu montrer aux Français qu’il est à leur écoute. En effet, la suppression des privilèges des ex-ministres était un engagement fort qu’il souhaitait mettre en œuvre rapidement. N’a-t-il pas affirmé devant la presse régionale : « On ne peut pas demander aux Français des efforts si ceux qui sont à la tête de l’État n’en font pas » ? Voilà trois mois, cette promesse a été tenue, mais avec des exceptions.

La décision de retirer la protection policière et le chauffeur des anciens ministres ne s’applique pas à ceux qui font face à des menaces jugées sérieuses. Des figures comme Manuel Valls, Bernard Cazeneuve – qui ont occupé des postes clés lors d’événements sensibles, tels que les attentats sur le sol français – restent protégées. Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur durant le mouvement des Gilets jaunes, est également concerné par cette exemption.

Par ailleurs, d’autres catégories d’ex-ministres continuent à bénéficier de ces privilèges. Cela inclut ceux qui ont quitté leurs fonctions il y a moins de deux ans ainsi que ceux qui se présentent aux prochaines élections présidentielles. Les noms de Bruno Retailleau et Édouard Philippe, récemment évoqués dans ce contexte, en témoignent.

Suppression des avantages : des avis partagés

Bien que la mesure de Sébastien Lecornu rencontre un écho favorable auprès d’une majorité de Français, parmi les anciens ministres, le consensus est loin d’être atteint. Élisabeth Borne, ancienne Première ministre, avait exprimé sur Brut en novembre 2024 que ces avantages étaient parfois essentiels : « Parfois, vous avez pu porter des réformes ou prendre des décisions qui ne sont pas appréciées et, du coup, vous avez besoin d’avoir une protection policière. »

Daniel Vaillant, ancien ministre de l’Intérieur, a également partagé ses réserves concernant la perte de son chauffeur : « Je n’ai pas conduit depuis vingt-cinq ans. Comment je fais alors ? C’est un changement de vie. » Ces réactions soulignent la complexité de cette réforme et les bouleversements qu’elle entraîne pour les ex-responsables politiques.

Alors que le débat se poursuit autour de la légitimité de cette mesure, il est évident que le cadre politique évolue. Sébastien Lecornu, en prenant cette décision, tente de s’inscrire dans une logique de proximité avec les citoyens, tout en naviguant habilement entre la nécessité de réformes et la protection des anciens ministres confrontés à des réalités souvent difficiles.