Le traitement hormonal de la ménopause (THM) suscite régulièrement des interrogations quant à ses effets sur la santé des femmes. Une étude récemment publiée dans le British Medical Journal (BMJ) vient éclairer ce sujet en examinant le lien entre le THM et le risque de mortalité.
EN BREF
- Une vaste étude danoise a évalué le risque de mortalité associé au THM.
- Les résultats montrent que le THM n’entraîne pas une augmentation significative de la mortalité.
- Des experts soulignent des limites concernant la durée du suivi de l’étude.
Le THM vise à remplacer l’œstradiol et la progestérone, deux hormones dont la production s’arrête lors de la ménopause. Son utilisation a été largement débattue depuis la publication de l’étude Women’s Health Initiative en 2002, qui avait mis en lumière des risques accrus de cancer du sein, d’infarctus du myocarde et d’accidents vasculaires cérébraux. Depuis, une méfiance vis-à-vis du THM s’est installée, entraînant une diminution de son utilisation.
Les chercheurs danois ont voulu clarifier la question du risque de mortalité lié au THM en se basant sur les données de près de 800 000 femmes nées entre 1950 et 1977. Le suivi a débuté à l’âge de 45 ans et a duré environ 14 ans. Les femmes ayant des antécédents de maladies graves ou ayant déjà utilisé un THM ont été exclues de l’étude.
Sur l’ensemble des participantes, environ 105 000 femmes ont reçu un THM, tandis que près de 47 600 sont décédées durant la période d’observation. À première vue, les chiffres indiquent un risque de mortalité de 54,9 décès pour 10 000 personnes-années chez les utilisatrices du THM, contre 35,5 décès pour 10 000 chez celles qui n’en avaient pas bénéficié. Cependant, une analyse plus fine prenant en compte des facteurs comme l’âge, le niveau d’éducation et l’état de santé a révélé qu’il n’existait pas de différence significative en termes de mortalité.
Les conclusions de l’étude indiquent que le traitement hormonal substitutif ne serait pas associé à une augmentation de la mortalité. De plus, il a été observé que pour les femmes ayant subi une ovariectomie bilatérale, le THM pourrait même réduire le risque de décès de 27 à 34 %.
Dr Amy R. Dwyer, chercheuse à l’Université d’Adélaïde, a commenté l’étude en la qualifiant de « données rassurantes » démontrant que lorsqu’il est prescrit de manière appropriée, le THM n’augmente pas le risque global de décès chez les femmes.
Cependant, certains experts, dont la professeure Susan Davis, soulignent les limitations de cette étude. Les études observationnelles, par nature, ne permettent pas d’établir une relation de cause à effet définitive. De plus, la durée du suivi, limitée à l’âge de 59 ans, pourrait ne pas être suffisante pour évaluer les effets à long terme du THM. La professeure Martha Hickey a également noté que la durée médiane d’utilisation du traitement était relativement courte, à seulement 1,7 an.
Il est crucial de comprendre que l’hormonothérapie n’est pas un traitement uniforme et que les risques peuvent varier en fonction de plusieurs facteurs, notamment le moment de l’administration et les types d’hormones utilisées. Le Dr Dwyer conclut que toute décision concernant le THM doit être discutée en détail avec un professionnel de santé.
Cette étude, bien que rassurante, rappelle l’importance d’une approche personnalisée et informée concernant le traitement hormonal de la ménopause.