Ce 11 septembre 2001, une tragédie marquait à jamais l’histoire des États-Unis. Vingt-cinq ans plus tard, Bruno Dellinger, un Franco-Américain qui se trouvait au 47ᵉ étage de la première tour touchée, partage son récit glaçant. Alors qu’il travaillait dans le World Trade Center, il a vécu des moments d’angoisse qui ont bouleversé sa vie.
EN BREF
- Bruno Dellinger, survivant des attentats, témoigne de son expérience au World Trade Center.
- Il a ressenti l’impact de l’avion et a cru que la tour était indestructible.
- Après avoir échappé à la catastrophe, il a longtemps pensé qu’il était mort.
Le matin du 11 septembre, Bruno Dellinger est arrivé à son bureau plus tôt que prévu, après un voyage en Europe. À 8 h 46, il entend un bruit qu’il décrit comme « un moteur d’avion, mais pas celui d’un appareil au sol ». C’est à ce moment que le vol 11 d’American Airlines percute la tour nord du World Trade Center.
« Je n’avais pas d’inquiétudes à ce moment-là, » déclare-t-il, convaincu que la structure était indestructible. Alors que son adjointe, Suzanne, et d’autres collègues entrent dans son bureau, l’immeuble commence à osciller. « Je l’ai tenue par les épaules, craignant qu’elle ne tombe, » se souvient-il.
Malgré l’angoisse ambiante, Dellinger garde son calme. « Ce n’est qu’un avion… » s’exclame-t-il, montrant une confiance qui, avec le recul, semble irréaliste. Alors que ses employés prennent la fuite, il reste à son bureau, répondant à ses courriels. Mais un message crucial provenant de l’intérieur l’amène à quitter son poste. Cette décision, prise dans les quelques minutes qui suivent l’impact, va lui sauver la vie.
En effet, à 9 h 03, un deuxième avion, le vol 175 de United Airlines, frappe la deuxième tour. Les images de ce jour-là sont gravées dans la mémoire collective. Les deux tours, symboles d’un pays en pleine prospérité, s’effondrent l’une après l’autre, causant la mort de près de 3 000 personnes. Dellinger, quant à lui, parvient à quitter les lieux après environ cinquante minutes.
Ce moment de descente des étages, il s’en souvient comme d’une « descente très civique », où chacun avançait sans panique, marchant lentement. Ce n’est qu’une fois arrivé au rez-de-chaussée, dans le centre commercial, qu’un policier leur ordonne de courir. Lorsqu’il sort, il découvre l’ampleur de la catastrophe : « Je me suis retourné et j’ai vu la deuxième tour s’effondrer. »
Les images de cette journée restent gravées dans son esprit. Il se remémore la poussière et les débris qui l’entourent, créant un chaos indescriptible. « On voyait plus rien, il faisait plus noir que la nuit, on n’entendait plus rien et surtout on ne respirait plus, » se rappelle-t-il. Ces instants de terreur ont laissé des cicatrices profondes. « Pour moi, j’étais mort et j’ai passé des semaines à penser que j’étais mort, » confie-t-il avec une émotion palpable.
Bruno Dellinger est aujourd’hui un homme marqué, mais il continue de partager son histoire pour honorer la mémoire des victimes. Ce 11 septembre restera à jamais un rappel des conséquences tragiques de cette journée, et de la résilience humaine face à l’horreur.