Au moment de faire ses courses, le choix d’une simple plaquette de beurre peut s’avérer plus complexe qu’il n’y paraît. En 2023, chaque Français a acheté en moyenne 2,75 kg de beurre, selon le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL). Un geste quotidien, souvent effectué sans une attention particulière à l’étiquette, qui mérite pourtant d’être examiné de plus près. Entre les mentions comme « sans additif » et « à teneur réduite en matières grasses », la frontière devient floue pour le consommateur. Certains produits étiquetés « beurre doux » ou « beurre léger » répondent-ils vraiment à cette appellation ?
EN BREF
- Trois beurres en supermarché sont mis en garde par 60 Millions de consommateurs.
- Des produits étiquetés comme « beurre » contiennent moins de 80 % de matières grasses.
- De nombreux beurres allégés sont en réalité des produits ultra-transformés.
Le magazine de l’Institut national de la consommation, 60 Millions de consommateurs, a récemment mis en lumière trois références de beurres à éviter. Dans son enquête publiée en 2024, toujours d’actualité en 2026, le mensuel souligne que ces produits ne répondent pas aux critères d’un véritable beurre et s’apparentent plutôt à des matières grasses allégées. Mais qu’entend-on exactement par « vrai beurre » ?
Selon le Règlement européen de 1994 concernant les matières grasses tartinables, un produit doit contenir entre 80 et 90 % de matières grasses laitières pour être qualifié de beurre. Il doit également comporter au maximum 16 % d’eau et 2 % de matières sèches non grasses. En dessous de 80 %, on parle alors de « matière grasse laitière allégée », et les produits affichant 60 % entrent dans la catégorie « beurre allégé », tandis que ceux à 39-41 % relèvent du « beurre léger ». 60 Millions de consommateurs met en avant que « avec le beurre léger, on a affaire à un produit ultra-transformé ».
En pratique, environ 90 % des beurres commercialisés sont fabriqués à l’aide d’un butyrateur, un procédé industriel continu. Seuls 10 % imitent la méthode traditionnelle de barattage, qui nécessite une maturation de la crème de 10 à 20 heures. Bien que le label AOP garantisse une origine géographique et un savoir-faire, il n’exclut pas l’utilisation de procédés industriels, avertit le mensuel. Ce label ne préjuge donc pas du degré de transformation du produit.
Produits à éviter
Le premier produit critiqué est le « beurre doux » ou « beurre demi-sel » Eco+, vendu chez E.Leclerc, qui ne contient que 60 % de matières grasses. Bien que la mention « à teneur réduite en matières grasses, 60 % » soit présente sur l’emballage, elle est discrète. D’autant plus regrettable qu’il n’existe pas de beurre Eco+ normal. En cuisine, ce type de produit, riche en eau, se rapproche davantage d’une margarine que d’un beurre traditionnel.
Ensuite, les beurres légers 40 % Les Croisés (doux et demi-sel), également de la marque E.Leclerc, contiennent divers additifs tels que amidon modifié de manioc, émulsifiant E471, épaississant E466 et conservateur E202. Le Dr Jimmy Mohamed, médecin généraliste, exprime des inquiétudes quant aux effets potentiels de ces additifs sur la santé.
Enfin, le beurre doux léger 41 % Elle & Vire présente de la fécule, alors que son emballage souligne qu’il s’agit d’un beurre « sans additif ». Ce décalage crée une confusion entre le simple beurre allégé et une préparation laitière retravaillée, une situation que dénonce également le site aufeminin.
Comment choisir le bon beurre ?
Un premier réflexe consiste à vérifier le pourcentage de matières grasses. Si ce dernier se situe autour de 80-82 %, vous êtes face à un beurre doux ou demi-sel conforme à la définition réglementaire. À 60 %, il s’agit d’un beurre allégé ; à 39-41 %, d’un beurre léger, souvent plus remanié.
Pour 60 Millions de consommateurs, plus la teneur en matières grasses diminue, plus la recette est compensée par de l’eau, des amidons et divers additifs. La liste des ingrédients doit se limiter à « crème » ou « lait », éventuellement « sel ». L’apparition d’amidon ou de fécule, ainsi que de codes comme E471, E466 ou E202, signale un glissement vers des produits ultra-transformés. Les mentions « baratte » ou un label AOP peuvent orienter vers un cahier des charges plus exigeant, mais ces repères ne doivent pas faire oublier la nécessité d’une vigilance sur l’étiquette.
En somme, quelques secondes suffisent pour déchiffrer une composition et faire le choix éclairé lors de votre passage au rayon frais. Avec un peu d’attention, il est possible de bénéficier des bienfaits d’un véritable beurre sans se laisser tromper par des étiquettes parfois trompeuses.