Une évolution majeure dans le secteur pharmaceutique pourrait se dessiner. Le jeudi 15 octobre 2026, les députés ont approuvé, en commission des Affaires sociales, un amendement visant à permettre aux pharmaciens de délivrer des médicaments à l’unité. Cette mesure fait partie intégrante du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, qui est actuellement en cours d’examen par les parlementaires.
EN BREF
- Les pharmaciens pourraient bientôt délivrer des médicaments à l’unité.
- Cette mesure vise à réduire le gaspillage de médicaments.
- Un amendement du PLFSS pour 2027 a été approuvé par les députés.
Cette initiative représente un changement significatif dans les pratiques de délivrance des médicaments. Actuellement, la vente à l’unité est limitée à certains antibiotiques, et l’amendement adopté élargirait cette possibilité à un plus large éventail de médicaments. Le député Renaissance Guillaume Kasbarian a souligné que l’Assurance maladie n’a pas vocation à financer des quantités excessives de médicaments. « Lorsqu’un traitement nécessite 18 comprimés, il est illogique de payer pour 20 ou 30 comprimés simplement parce que le laboratoire a choisi cette taille de boîte », a-t-il déclaré.
Ce projet bénéficie du soutien d’élus provenant de différents horizons politiques, tels qu’Agnès Pannier-Runacher (Renaissance), Damien Maudet (LFI) et Christophe Bentz (RN). Ils estiment que cette mesure répond à une nécessité de modernisation du système de santé, en permettant un meilleur ajustement entre les prescriptions médicales et les quantités délivrées.
Cependant, l’amendement n’a pas été accueilli sans réserves. Certains députés, comme le rapporteur général LR Thibault Bazin, ont exprimé des préoccupations quant à sa mise en œuvre. Bazin a noté que si le principe de la délivrance à l’unité est intéressant, sa réalisation pose des défis importants. « Il y a une différence entre l’idée et la mise en œuvre », a-t-il déclaré, évoquant la nécessité d’adapter les logiciels, les conditionnements et l’étiquetage, ainsi que de revoir le modèle de rémunération des pharmacies.
Il est prévu qu’une liste des médicaments concernés par cette nouvelle réglementation soit établie par décret, ce qui permettra d’encadrer cette pratique et d’en garantir l’efficacité. En attendant, cette évolution soulève des interrogations parmi les professionnels de santé et les patients sur son impact sur le système de santé et sur la gestion des traitements médicaux.
Il reste à voir comment cette réforme sera mise en place et quels seront les retours des acteurs concernés. Pour l’heure, cette proposition marque une étape significative vers une meilleure adaptation du système de santé aux besoins des patients et à la réalité des prescriptions médicales. Le débat sur les modalités d’application sera sans doute au cœur des discussions à venir.