Le dossier judiciaire entourant Brigitte Macron et son frère, Jean-Michel Trogneux, reste ouvert alors qu’une nouvelle audience se profile. Le 10 novembre prochain, la chambre criminelle de la Cour de cassation examinera le pourvoi formé par les deux protagonistes, qui contestent la relaxe prononcée en juillet 2025 au bénéfice de deux femmes impliquées dans la diffusion d’une rumeur infondée. Cette théorie, qui prétend que la Première dame serait née homme sous l’identité de son propre frère, est née sur Internet en 2021 et continue d’avoir des répercussions, même devant les tribunaux, cinq ans plus tard.
EN BREF
- La Cour de cassation examinera le pourvoi de Brigitte Macron le 10 novembre.
- Les deux femmes condamnées en première instance ont été relaxées en appel.
- La rumeur transphobe a eu des répercussions internationales depuis 2021.
En septembre 2024, la première instance avait donné raison à Brigitte Macron et Jean-Michel Trogneux, en reconnaissant les deux prévenues coupables de diffamation. Elles avaient alors été condamnées à verser des dommages et intérêts aux deux plaignants. Cependant, la cour d’appel de Paris a infirmé cette décision, entraînant ainsi le recours en cassation, qui représente la dernière voie de recours possible dans la procédure judiciaire française.
Il est important de noter que la prochaine audience ne constituera pas un troisième procès concernant les faits en eux-mêmes. La Cour de cassation ne se prononcera pas sur la véracité des allégations diffusées en ligne, mais devra plutôt s’assurer que les juges d’appel ont correctement appliqué le droit dans leur décision de relaxe. Selon des informations rapportées par Ouest-France, le parquet général se serait prononcé en faveur d’une cassation partielle de l’arrêt, ce qui pourrait entraîner un renvoi partiel du dossier devant une nouvelle cour d’appel pour un réexamen juridique.
Au cours de l’audience de juillet 2025, la cour d’appel avait notamment estimé que l’imputation d’une transition de genre dissimulée ne suffisait pas, à elle seule, à caractériser une atteinte à l’honneur ou à la considération, selon la législation sur la diffamation. Les accusations de falsification et de mensonge avaient également été jugées trop imprécises pour être retenues.
Au-delà des procédures judiciaires se cache la lassitude engendrée par cette rumeur devenue internationale. En juin, le documentaire La fabrique du mensonge a exploré les mécanismes qui ont permis à cette théorie de prospérer. La journaliste Ava Djamshidi a souligné la violence de cette rumeur en déclarant : « On sait juste que c’est destiné à blesser et atteindre une femme dans ce qu’elle peut avoir de plus intime. C’est honteux et c’est un peu triste aussi ». Il est frappant de constater que depuis 2021, cette fausse information a franchi les frontières, se propageant jusqu’aux États-Unis.
Jean-Michel Trogneux, dont le nom est mêlé à cette affaire contre son gré, a choisi de garder le silence. Emmanuelle Anizon a expliqué dans le même documentaire que l’homme ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet ni se retrouver sous les projecteurs médiatiques. En revanche, Brigitte Macron continue de défendre son honneur devant la justice, et l’audience du 10 novembre marquera une nouvelle étape dans un combat qui dure depuis plusieurs années et qui, pour l’instant, reste sans dénouement.