Assurance : majoration illégale pour paiement non par prélèvement automatique

Les modalités de paiement des cotisations d’assurance peuvent parfois prêter à confusion. Récemment, un assuré a contesté des frais supplémentaires appliqués à ses cotisations en raison de son choix de paiement par carte bancaire ou virement, au lieu du prélèvement automatique. Cette situation a conduit le Médiateur de l’assurance à clarifier les droits des assurés dans ce contexte.

EN BREF

  • Un assuré a vu ses cotisations majorées de 1% pour paiement non par prélèvement.
  • Le Médiateur de l’assurance a jugé ces frais illégaux.
  • Les assureurs peuvent offrir des remises pour le prélèvement automatique, mais pas de majorations pour d’autres moyens de paiement.

Dans ce cas précis, l’assuré a été informé qu’une majoration de 1% serait appliquée à ses contrats à partir du 1er janvier, en raison de son refus de recourir au prélèvement automatique. Face à cette situation, il a décidé de faire appel au Médiateur de l’assurance afin de contester cette augmentation, qu’il jugeait injustifiée.

Selon le Code monétaire et financier, bien que les assureurs aient la liberté de fixer leurs tarifs, ils ne peuvent pas infliger de pénalités financières en fonction du mode de paiement choisi. Dans le cas de cet assuré, la majoration appliquée ne reposait sur aucune justification liée aux garanties ou aux risques couverts par son contrat. Elle était uniquement liée à son choix de ne pas opter pour le prélèvement automatique, ce qui en faisait une pratique illégale.

En réponse à cette situation, Arnaud Chneiweiss, le Médiateur de l’assurance, a exigé que l’assureur annule la majoration et rembourse l’assuré pour les sommes perçues à ce titre. Il a également mis en garde les professionnels du secteur sur la nécessité de respecter les dispositions légales concernant les pratiques tarifaires liées aux différents modes de paiement, afin d’éviter toute apparence de pénalité déguisée.

Il est important de noter que, même si un assureur ne peut pas augmenter ses tarifs en raison d’un refus de prélèvement automatique, il a la possibilité d’offrir une remise aux clients qui choisissent ce mode de paiement. « Pour éviter toute contestation, il est conseillé aux assureurs d’instaurer une réduction claire pour le paiement par prélèvement automatique, plutôt que d’appliquer une majoration aux autres méthodes de paiement », a précisé Arnaud Chneiweiss.

Par ailleurs, il est également autorisé à appliquer des frais si l’assuré choisit de régler ses cotisations par paiements fractionnés, c’est-à-dire mensuellement, trimestriellement ou semestriellement, plutôt que de choisir un paiement unique annuel. Dans ce cas, les frais de fractionnement peuvent varier entre 2% et 8%, ce qui peut représenter des sommes considérables pour des contrats d’assurance automobile ou habitation. Il est donc conseillé aux assurés de se renseigner sur les différents tarifs qui leur sont proposés selon la fréquence de paiement choisie.

Cette situation souligne l’importance pour les assurés d’être bien informés sur les modalités de paiement de leurs contrats d’assurance et des conséquences financières qui peuvent en découler. En restant vigilants et en questionnant leur assureur, ils peuvent éviter des frais injustifiés et bénéficier des meilleures conditions tarifaires.