Le maire de Marseille exige la venue du ministre de l’Intérieur après les violences

À la suite des violentes émeutes et pillages survenus samedi dernier à Marseille, Benoît Payan, le maire de la ville, demande des éclaircissements sur la gestion des forces de l’ordre. Ce lundi, il a vivement contesté le chiffre de « 30 000 pilleurs » avancé par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, jugeant cette estimation absurde.

EN BREF

  • Benoît Payan conteste le chiffre de 30 000 pilleurs avancé par la préfecture.
  • Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, est attendu à Marseille rapidement.
  • Le maire appelle à une révision des méthodes de maintien de l’ordre pour prévenir de nouvelles violences.

« 30 000 personnes, c’est la moitié du stade Vélodrome. Cela représente 15 % des jeunes de 18 à 25 ans. Qui peut croire à une ineptie pareille ? » a déclaré le maire, qui ne cache pas son indignation face à ce qu’il considère comme un chiffre « farfelu ». Cette situation fait suite à des événements troublants qui ont secoué la cité phocéenne, amenant Benoît Payan à exiger la présence du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Initialement prévu pour lundi après-midi, ce déplacement a été reporté en raison d’une réunion gouvernementale.

« Je n’imagine pas une seconde que Laurent Nuñez ne vienne pas à Marseille dans les heures qui viennent », a-t-il affirmé, soulignant qu’il ne voyait pas le ministre comme un « déserteur ». Payan a également salué le courage de Nuñez, qui a présenté sa démission à Emmanuel Macron, démission qui a été refusée.

Un appel à des mesures efficaces

En ce qui concerne les couvre-feux localisés récemment annoncés par le gouvernement, Benoît Payan a exprimé des réserves. Il estime que cette mesure « peut servir si c’est bien fait ». Néanmoins, il met en garde contre les limites de cette approche : « Si c’est fait de manière partielle, les problèmes se déplacent. Si c’est fait de manière totale, on empêche les commerces de vivre », a-t-il ajouté.

Au-delà de ces considérations, le maire de Marseille insiste surtout sur la nécessité de revoir les moyens et les méthodes des forces de l’ordre. « Si la doctrine de maintien de l’ordre dans ce pays reste la même, alors les mêmes causes produiront les mêmes conséquences », a-t-il averti avec force. Il critique également le manque d’effectifs policiers et la mauvaise utilisation des forces présentes, des éléments qu’il juge cruciaux pour éviter de futures violences.

Les événements récents à Marseille interrogent sur l’efficacité des mesures de sécurité et l’organisation des forces de l’ordre. La ville, qui a déjà connu des épisodes de tensions, se retrouve à un tournant où des décisions immédiates s’imposent. Benoît Payan, en tant que représentant des Marseillais, semble déterminé à obtenir des réponses et à faire entendre sa voix dans cette période troublée.