Mythes sur les requins : tous ne meurent pas s’ils s’arrêtent de nager

Vous avez certainement entendu que les requins doivent nager en permanence sous peine de mourir. Ce dogme, souvent répété, mérite d’être nuancé. La vérité est que cette affirmation ne s’applique pas à toutes les espèces de requins. En effet, certaines peuvent rester immobiles sans risque pour leur survie.

EN BREF

  • Tous les requins ne doivent pas nager en permanence pour respirer.
  • Seules quelques espèces, comme le grand requin blanc, sont condamnées à bouger.
  • Des études récentes remettent en question les idées reçues sur la respiration des requins.

Le mythe selon lequel l’immobilité serait fatale pour tous les requins a des racines dans des vérités partielles. En réalité, la respiration des requins varie selon les espèces, et certaines d’entre elles sont parfaitement capables de rester immobiles.

Pour comprendre cette diversité, il est essentiel de se pencher sur leurs méthodes de respiration. Comme tous les poissons, les requins respirent à travers leurs branchies. L’eau y passe, permettant l’absorption d’oxygène et l’évacuation du dioxyde de carbone. Mais comment l’eau parvient-elle réellement aux branchies ? C’est là que les différentes espèces de requins se distinguent.

La première méthode de respiration est le pompage buccal. Certaines espèces, comme le requin nourrice et le requin à tête de taureau, utilisent leurs muscles buccaux pour aspirer l’eau et l’envoyer sur leurs branchies, tout en restant immobiles au fond de l’océan. Ces requins ont également des spiracles, des orifices situés derrière les yeux, qui leur permettent d’aspirer de l’eau même lorsqu’ils sont enfouis dans le sable.

La seconde méthode est la ventilation par bélier. Ici, le requin nage rapidement, la bouche ouverte, ce qui force l’eau à passer sur ses branchies grâce à la vitesse. Le requin tigre, par exemple, peut alterner entre ces deux méthodes selon sa vitesse de nage.

Il existe néanmoins des espèces dites « ventilateurs à bélier obligatoires », qui ne peuvent respirer qu’en nageant. Parmi elles, on trouve le grand requin blanc, le requin mako et le requin-baleine. Pour ces espèces, s’arrêter signifie manquer d’oxygène et, par conséquent, mourir.

Ce mythe persistant trouve sa force dans l’imaginaire collectif, car ce sont souvent les requins les plus connus et les plus redoutés qui sont au centre de cette croyance. La vision d’un grand requin blanc en mouvement est plus impressionnante qu’un requin nourrice, paisiblement endormi au fond de l’eau.

Une étude récente réalisée aux Seychelles sur des requins gris de récif a remis en question l’idée que certains requins « obligés » de nager doivent le faire en permanence. Les résultats montrent que les certitudes sur ces espèces ne sont peut-être pas aussi figées qu’on le pensait.

Un autre élément à considérer est la flottabilité. Contrairement aux poissons osseux, qui possèdent une vessie natatoire leur permettant de flotter sans effort, les requins n’en ont pas. À la place, ils possèdent un foie volumineux rempli d’une huile légère, le squalène, qui leur permet de se maintenir dans l’eau. Cependant, si un requin ne nage pas, il risque de couler, ce qui contribue à la pérennité de ce mythe.

Enfin, pourquoi tant de gens continuent-ils de croire à ce mythe ? Une partie de la réponse réside dans le biais d’observation. Les requins que l’on voit souvent à la télévision ou dans les aquariums sont généralement des nageurs actifs, ce qui crée une image biaisée de ces créatures fascinantes. Les requins nourrices, bien moins spectaculaires, ne laissent pas une empreinte mémorable dans l’esprit du public.

Pour résumer, il est faux de dire que tous les requins meurent s’ils s’arrêtent. Les requins nourrices et les requins à tête de taureau peuvent respirer sans bouger, tandis que le requin tigre alterne entre les deux modes. Seules quelques espèces, comme le grand requin blanc, sont réellement « condamnées » à nager. La prochaine fois qu’un ami évoquera ce mythe au cours d’une conversation, vous saurez quoi répondre.

Ce phénomène de simplification excessive est courant, et il est toujours intéressant de remettre en question des idées reçues. De nombreux autres mythes animaliers méritent d’être explorés, comme celui de l’autruche qui met sa tête dans le sable ou la mémoire du poisson rouge, qui pourrait bien vous surprendre.