Le 17 octobre 2026, des vidéos circulant sur les réseaux sociaux ont révélé la présence inhabituelle de plusieurs fourgons de CRS devant la chocolaterie Jean Trogneux à Amiens. Cette enseigne, dirigée par Jean-Baptiste Trogneux, petit-neveu de Brigitte Macron, a rapidement été propulsée au centre d’une vive controverse, notamment en pleine mobilisation contre la vie chère.
EN BREF
- Des CRS déployés devant la chocolaterie Trogneux suscitent des accusations de favoritisme.
- Le syndicat Alliance Police Nationale dénonce la protection d’un commerce familial du président.
- Des manifestations à travers la France ont causé de nombreux dégâts et interpellations.
Sur X, le syndicat Alliance Police Nationale a exprimé son indignation : « Monsieur Macron, la République n’est pas votre propriété privée ». Selon le syndicat, des effectifs de police ont été concentrés sur ce magasin, alors que d’autres commerces, moins favorisés, faisaient face à des pillages. La préfecture de la Somme, quant à elle, soutient que le dispositif de sécurité visait à protéger l’ensemble du centre-ville d’Amiens.
Dans un communiqué, Alliance a fait savoir : « Il nous manquait des effectifs sur le terrain, voilà, en partie, où ils étaient. » Le syndicat a affirmé qu’une demi-compagnie de CRS, soit six camions, avait été mobilisée spécifiquement devant la boutique Trogneux. Cette situation a soulevé une question cruciale : « Les Français ont-ils tous droit à la même protection ? ».
Alliance Police Nationale a également mis en avant le ras-le-bol de ses adhérents, déclarant : « Nos collègues ne sont ni des figurants, ni une réserve d’effectifs à la disposition des puissants. » Le syndicat a exigé des explications de l’Élysée et du ministère de l’Intérieur. À Amiens, les autorités ont fait état de quatre policiers et six manifestants légèrement blessés, ainsi que de deux interpellations et de véhicules incendiés.
Ce même jour, entre 550 000 manifestants selon les chiffres de la police et 800 000 selon les organisateurs, ont défilé à travers la France. À Paris et dans plusieurs autres villes, des magasins ont été attaqués. Le ministre du Commerce, Serge Papin, a rapporté que « au moins 3 000 commerces » avaient subi des dégradations ou des pillages.
Plusieurs bâtiments ont également été ciblés, dont l’Hôtel de ville de Limoges, qui a été incendié, ainsi que d’autres mairies et préfectures. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, tout en niant avoir sous-estimé le dispositif de sécurité, a reconnu une « perte de contrôle » des forces de l’ordre dans certaines grandes villes. Selon des rapports, une compagnie entière de CRS aurait été déployée pour protéger les boutiques Trogneux, tant à Amiens qu’au Touquet.
Face aux accusations de favoritisme, le préfet de la Somme a fermement démenti que des effectifs de CRS aient été dédié uniquement à la protection de la chocolaterie Trogneux. Dans son communiqué, il a précisé qu’une compagnie avait été mobilisée en urgence pour renforcer la sécurité de tous les commerces du centre-ville, les véhicules étant positionnés le long de l’artère piétonne autour de la place Gambetta et près de la gare.
La maison Jean Trogneux, fondée en 1872 à Amiens et renommée pour ses macarons, rappelle que Brigitte Macron provient d’une famille de chocolatiers amiénois. Il est à noter que les boutiques Trogneux ont déjà subi des attaques lors de précédents mouvements sociaux, avec vitrines brisées et agressions de proches. Bien que plusieurs médias aient relayé ces faits, aucune source indépendante n’a confirmé un dispositif de CRS exclusivement réservé à ce commerce. Le ministère de l’Intérieur, sollicité sur cette question, n’a pas encore répondu.