Coca-Cola n’a pas créé le Père Noël, mais a façonné son image iconique

Depuis des décennies, une idée reçue circule : Coca-Cola aurait inventé le Père Noël. Cette affirmation est pourtant erronée, comme le souligne la firme elle-même. L’histoire du célèbre bonhomme à la barbe blanche est bien plus intrigante qu’une simple légende commerciale.

EN BREF

  • Coca-Cola n’a pas inventé le Père Noël, mais a contribué à son image.
  • Le visage du Père Noël vient de Lou Prentiss, un voisin du dessinateur Haddon Sundblom.
  • Les représentations du Père Noël ont suscité des réactions passionnées du public américain.

Pour clarifier les choses, il est essentiel de rappeler que Coca-Cola n’est pas à l’origine du personnage du Père Noël. La marque a toujours revendiqué son rôle d’alliée plutôt que de créatrice. L’idée du Père Noël, comme nous le connaissons aujourd’hui, est le résultat d’un mélange de traditions anciennes, notamment celle de Saint-Nicolas, qui remonte à des siècles en Europe.

En réalité, ce sont les illustrations de Haddon Sundblom, créées dans les années 1930, qui ont ancré le personnage dans l’imaginaire collectif. En 1931, l’agence de publicité D’Arcy, pour laquelle travaillait Sundblom, a cherché à produire une image à la fois réaliste et chaleureuse du Père Noël. Pour cela, Sundblom s’est inspiré d’un célèbre poème de 1822, « A Visit from St. Nicholas », qui dépeint un Saint Nicolas jovial et bienveillant.

Mais qui était le modèle de ce Père Noël emblématique ? Il s’agissait de Lou Prentiss, un voisin de Sundblom, qui était vendeur à la retraite. Le dessinateur a voulu donner un visage convivial à son personnage, et c’est tout naturellement qu’il a frappé à la porte de son voisin pour le croquer. Prentiss a ainsi été immortalisé sans même le savoir, incarnant l’esprit du Père Noël avec ses « rides heureuses ». Cependant, la tragédie a frappé lorsque Lou Prentiss est décédé, laissant Sundblom dans l’obligation de se réinventer.

Face à cette perte, Sundblom a eu recours à ses propres traits, posant devant un miroir pour continuer à créer son iconique personnage. Il a également utilisé des photographies pour compléter son travail, ce qui a parfois conduit à des erreurs amusantes, comme des détails inversés dans les illustrations, suscitant l’attention du public.

Les Américains sont devenus particulièrement attachés à cette vision du Père Noël, et chaque changement apporté à son apparence était scruté de près. Les lettres de fans mécontents affluaient vers Coca-Cola, notamment lorsque le Père Noël a été représenté sans alliance, provoquant des interrogations sur l’état de sa vie conjugale.

En outre, les enfants présents sur certaines illustrations avaient eux aussi des modèles réels. Deux petites voisines de Sundblom ont été immortaliser dans ces images, l’une d’elles étant même représentée comme un garçon. De même, les animaux des tableaux avaient souvent des origines locales, comme le chien caniche qui appartenait au fleuriste du quartier.

Le travail de Sundblom sur le Père Noël s’est étendu sur près de trois décennies. Les affiches étaient réalisées dans un studio situé au huitième étage du Wrigley Building à Chicago, d’où son art a rayonné à travers le monde. La première apparition de son Père Noël, dans le magazine Saturday Evening Post en 1931, a marqué le début d’une série d’illustrations qui allaient devenir emblématiques, la dernière datant de 1964.

En somme, bien que Coca-Cola n’ait pas créé le personnage du Père Noël, elle a joué un rôle déterminant dans la popularisation de son image grâce à l’illustration de Haddon Sundblom. Ce dernier, en s’inspirant d’un voisin, a donné vie à une figure qui, aujourd’hui encore, continue de faire rêver petits et grands à travers le monde. Et pour ce qui est de la couleur rouge, elle faisait déjà partie des traditions bien avant que Coca-Cola ne s’en empare.

Pour ceux qui souhaitent découvrir d’autres secrets derrière des marques célèbres, il est toujours intéressant de se pencher sur les anecdotes qui les entourent, comme le cas des sandwichs Subway, souvent critiqués pour leur taille, ou l’histoire fascinante de l’inventeur du Slinky.