Congrès du RN : Jordan Bardella réélu avec 99 % dans un climat tendu à Orléans

Le XIXe congrès du Rassemblement national, qui s’est tenu à Orléans les 24 et 25 octobre 2026, a été marqué par une ambiance à la fois triomphante et tendue. Jordan Bardella a été réélu à la présidence du parti avec un score impressionnant de 98,98 % des voix, devant près de 5 000 militants réunis au Zénith. Ce congrès a également servi de tremplin pour la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027, avec Bardella pressenti pour le poste de Premier ministre.

EN BREF

  • Jordan Bardella a été réélu avec 98,98 % des voix lors du congrès du RN.
  • Des tensions ont été palpables, avec une forte présence policière et des manifestations en ville.
  • Des incidents ont eu lieu, dont l’exfiltration d’une équipe de Mediapart et des fouilles controversées.

Avec une participation d’environ 68 %, le vote a vu 75 497 suffrages exprimés, contre 779 bulletins blancs. Ce résultat témoigne d’une mobilisation significative des adhérents, avec le RN revendiquant actuellement 112 000 membres, une augmentation notable par rapport aux 36 000 de 2022. Pour les cadres du parti, ce score vient balayer les doutes entourant la légitimité de Bardella, qui était affaibli par plusieurs polémiques ces dernières semaines.

Malgré cette réélection, Jordan Bardella demeure sous le feu des critiques, notamment en raison de révélations de Mediapart qui l’accusent d’avoir des écrits de jeunesse antisémites. Bardella conteste ces accusations et a même porté plainte pour diffamation. Dans une déclaration rapportée par France 24, il a qualifié cette situation de « barbouzerie », tandis que Marine Le Pen a exprimé son soutien indéfectible, affirmant sa confiance en lui « à 1 000 % ».

Le congrès s’est déroulé dans un cadre hautement sécurisé. Près de 3 000 membres des forces de l’ordre étaient déployés autour du Zénith en raison de menaces de sabotage, comme des clous placés sur un parking. À l’intérieur, les congressistes ont assisté à des discours dans une atmosphère soigneusement contrôlée et filtrée.

En dehors du Zénith, une forte mobilisation des opposants a eu lieu, avec des estimations de participation variant entre 11 000 et 26 000 manifestants, selon les sources. Le maire d’Orléans, Serge Grouard, a noté que le cortège avait rassemblé moins de personnes que prévu, tout en soulignant que la dispersion s’est faite dans le calme.

Un incident notable s’est produit peu avant l’ouverture du congrès, lorsque des journalistes de Mediapart, pourtant accrédités, ont été pris à partie par des militants. Le service d’ordre du RN, connu sous le nom de Département Protection Sécurité (DPS), a dû intervenir pour exfiltrer les journalistes, qui ont finalement été autorisés à revenir avec des excuses de la part des attachés de presse.

De plus, des fouilles intrusives ont été signalées, ciblant spécifiquement les soutiens-gorge des participantes. Des agentes de sécurité ont été vues vérifiant si les femmes en portaient, ce qui a suscité des réactions indignées, notamment de la part de l’écologiste Marine Tondelier, qui a exprimé son incompréhension sur les réseaux sociaux.

Ce congrès du Rassemblement national, bien que célébrant une victoire interne, a mis en lumière des tensions croissantes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du parti, alors que les élections présidentielles de 2027 se profilent à l’horizon. La gestion de ces tensions sera cruciale pour la suite du RN et pour la candidature de Marine Le Pen.