Après un mois de blocus et de manifestations, le gouvernement a présenté, le 26 octobre, des mesures destinées à apaiser la colère des lycéens et des étudiants. Parmi les décisions annoncées figurent un plan de rénovation des établissements scolaires d’un montant de 5 milliards d’euros, l’engagement de réduire le nombre d’élèves dans certaines classes à 28 dès la rentrée prochaine, ainsi que la création de 500 nouveaux postes d’enseignants dans les lycées.
EN BREF
- Le gouvernement annonce des mesures pour calmer la colère des lycéens.
- Les représentants des élèves jugent ces annonces insuffisantes.
- Des mobilisations lycéennes sont prévues malgré les promesses du gouvernement.
Julia Kudada, secrétaire générale de l’association Les Lycéens!, s’est exprimée sur RMC le 27 octobre, en faisant part de sa déception face aux propositions du gouvernement. Selon elle, bien que certaines avancées soient notables, elles ne répondent pas aux attentes des élèves. « Nous avons l’impression de n’avoir obtenu que des ‘miettes’ de la part de ce gouvernement », a-t-elle déclaré.
Les mesures concernant la réduction du nombre d’élèves par classe ont particulièrement attiré son attention. En effet, le plan prévoit de limiter à 28 élèves par classe dans les secondes, mais seulement 50 % de ces classes seraient concernées d’ici 2027. « Cela implique qu’il faudrait embaucher 2 200 professeurs pour ouvrir 1 100 nouvelles classes. Or, le gouvernement ne propose que 500 postes », a-t-elle souligné. Ce constat met en lumière un décalage important entre les promesses et les réalités.
Julia Kudada a également critiqué la solution proposée pour le rythme scolaire. Selon elle, la suppression de l’enseignement scientifique pour alléger les horaires est révélatrice d’un échec dans l’application de la réforme Blanquer. « Cela pose une question essentielle : quel sera le niveau scolaire des lycéens si la seule alternative reste la suppression d’une matière ? », s’interroge-t-elle, tout en suggérant que réduire les vacances scolaires pourrait être une option à considérer.
À moins d’une semaine de la rentrée, la mobilisation des syndicats lycéens se poursuit. Dans un lycée de Pantin, Ayat et Kawthar, deux élèves de 15 ans, partagent leur mécontentement. « Passer de 30 à 28 élèves, c’est un changement minime. Réduire à 25 serait bien plus efficace », affirme Ayat.
Kawthar critique également le nombre de places supplémentaires offertes dans l’enseignement supérieur, soulignant qu’il en faudrait au moins 250 000 et non 15 000 comme annoncé. « Cela n’est pas suffisant pour répondre aux besoins des étudiants », conclut-elle.
Julia Kudada rejoint cette critique, rejetant l’argument de la méritocratie. Elle souligne que le système Parcoursup ne garantit pas l’égalité des chances et que les élèves issus de lycées différents n’ont pas les mêmes opportunités d’accès aux grandes écoles. « Il est évident que la situation actuelle n’est pas équitable », ajoute-t-elle.
Enfin, la secrétaire générale de l’association souligne que l’annonce d’un prêt de 4 milliards d’euros aux régions pour la rénovation des lycées suscite des interrogations. « Cela semble tardif et insuffisant, et donne l’impression d’être une simple promesse pour apaiser les tensions », déclare-t-elle. Ayat, quant à elle, se dit prête à reprendre les blocus tant que des changements concrets ne seront pas mis en œuvre.
Alors que les élèves attendent des mesures tangibles, l’avenir des mobilisations lycéennes semble incertain, mais la détermination des jeunes à défendre leurs droits reste intacte.