Au procès des accusés du triple assassinat survenu à Marseille, les compagnes des victimes se montrent moins précises que lors des auditions initiales. Ce mardi, face à la cour criminelle d’Aix-en-Provence, Tahira, veuve de Brahim Chabane, a modifié son récit concernant son mari, un homme impliqué dans des activités criminelles.
EN BREF
- Tahira, veuve de Brahim Chabane, change son témoignage au procès.
- Elle évoque des « petites conneries » concernant son mari et son implication dans le trafic.
- Le procès se poursuit jusqu’au 6 novembre, avec des accusés considérés comme des barons de la drogue.
Lors de son audition, Tahira, âgée de 20 ans au moment des faits, avait décrit son mari comme un acteur clé dans le trafic de cocaïne à Marseille. Elle avait mentionné ses relations avec d’autres trafiquants, dont Réda Khaldi, et avait rapporté des détails sur une jalousie potentielle et une dette de 100.000 euros liée à des activités criminelles. Des déclarations qui semblaient peindre son époux comme un personnage central du milieu narcotique local.
Près de trois ans après les événements tragiques, elle est revenue sur ses déclarations, affirmant qu’à l’époque, elle avait cherché à attirer l’attention des enquêteurs. « Je venais d’apprendre la mort de mon mari, je me retrouve seule avec une petite fille de dix-huit mois, j’ai raconté toutes les rumeurs que j’ai pu entendre pour que la police me prenne au sérieux et que ceux qui ont fait ça se fassent attraper », a-t-elle précisé, visiblement émue.
Dans ses nouvelles déclarations, elle minimise l’implication de Brahim dans le trafic, affirmant qu’il n’était pas celui qu’elle avait dépeint auparavant. « C’est moi qui payais le loyer, Brahim n’avait pas d’argent », a-t-elle expliqué, tout en révélant qu’il avait survécu à deux tentatives d’assassinat quelques mois avant sa mort.
Les vidéos, notamment celle où Brahim exhibe une arme, ont également été évoquées lors du procès. En effet, une vidéo Snapchat datant de quelques jours avant sa mort montre Brahim avec un fusil à pompe, mettant en lumière son état d’alerte face aux menaces pesant sur lui. Les juges s’interrogent sur cette transformation de témoignage et sur ses implications pour la vérité judiciaire.
En réaction à la pression de la cour, Tahira a exprimé son désespoir et sa quête de justice pour sa fille. « J’attends des réponses, pourquoi ma fille n’a plus de papa alors qu’elle n’a rien demandé ? », a-t-elle lancé, les larmes aux yeux, avant de faire référence à la difficulté de dire à sa fille que son père a été assassiné.
Les avocats des accusés, dont Amine Oualane, une figure clé dans ce dossier, tentent de comprendre les motivations de Tahira. Inès Medioune, l’avocate d’Oualane, a suggéré que la meilleure manière d’honorer la mémoire de Brahim serait de rapporter fidèlement les faits. Cependant, Tahira a répondu en soulignant sa peur pour sa sécurité, affirmant que dans son milieu, il n’est pas habituel de parler de ces sujets.
Les témoins de ce procès, qui s’étendra jusqu’au 6 novembre, sont essentiels pour faire lumière sur un crime qui a secoué la communauté marseillaise. Les témoignages d’autres compagnes des victimes, comme Inaya, n’ont pas apporté d’éléments significatifs, se limitant à des portraits de jeunes hommes pris dans des spirales criminelles.
Dans le box des accusés, les figures notoires du trafic de drogue marseillais, comme Amine Oualane et Karim Harrat, écoutent attentivement. Ce procès est un moment crucial pour les familles des victimes, qui espèrent obtenir des réponses face à cette tragédie qui a laissé des traces indélébiles.
La complexité des relations et des histoires personnelles entourant ce triple assassinat souligne la difficulté de démêler les fils d’une affaire où le crime et la vie quotidienne se croisent de manière tragique, laissant des victimes innocentes au milieu du chaos.