La fonte des glaciers cet été a révélé une importante cache d’explosifs datant de la Première Guerre mondiale dans les Dolomites, selon une annonce de l’armée italienne. Ces munitions, comprenant des obus d’artillerie et des obus de mortier, ont été retrouvées grâce à des randonneurs qui ont signalé leur présence, notamment dans la région de Canal San Bovo, située au cœur de la vallée du Primiero, dans l’est du Trentin.
EN BREF
- 250 explosifs de la Première Guerre mondiale découverts dans les Dolomites
- Randonneurs alertent les autorités sur la présence de ces munitions
- Des risques importants liés à la détonation potentielle de ces engins
Suite à ces signalements, l’armée italienne a déployé la brigade alpine Julia pour procéder à un ratissage minutieux des sites touchés, ainsi que d’autres zones de haute altitude dans les Dolomites. Au total, les opérations ont permis de récupérer 250 explosifs, parmi lesquels se trouvaient « 18 obus d’artillerie italiens de 75 mm et 37 obus de mortier Thévenot », a indiqué la brigade.
Stefano Morosini, professeur à l’université de Bergame, souligne que ces découvertes ne sont pas isolées. « Chaque été, à la fin de la saison, ces dangereux artefacts refont surface et leur nombre augmente chaque année », a-t-il déclaré. Bien que ces explosifs aient été enfouis sous la glace pendant des décennies, ils présentent encore un risque élevé de détonation. Morosini précise que certains d’entre eux avaient déjà explosé, tandis que d’autres restent intacts mais tout aussi dangereux.
« Ils ont été conservés par la glace pendant plus de 100 ans. Leur réapparition aujourd’hui dans des conditions climatiques changeantes les rend très, très dangereux », affirme le coordinateur des projets patrimoniaux du parc national du Stelvio. En conséquence, les autorités recommandent vivement aux randonneurs et aux alpinistes de ne jamais toucher à ces engins explosifs et de signaler toute découverte aux services compétents.
Ces bombes rappellent les horreurs de la « Guerre blanche », un conflit qui a opposé les troupes austro-hongroises aux forces italiennes entre 1915 et 1918 sur des terrains particulièrement difficiles et glaciaires. Ce front, figé dans la glace jusqu’aux années 1990, a commencé à délivrer ses secrets avec le réchauffement climatique, révélant non seulement des armes, mais également des traîneaux, des lettres et des journaux intimes laissés par les soldats.
La situation actuelle met en lumière les conséquences du changement climatique, qui non seulement modifie notre environnement mais réveille également des vestiges d’un passé tragique. Alors que le monde entier se penche sur les solutions à adopter face à cette crise, les Dolomites livrent des leçons sur l’impact durable des conflits armés.
Dans ce contexte, la vigilance reste de mise. Les randonneurs, tout en profitant de la beauté des paysages alpins, doivent être conscients des dangers potentiels qui peuvent encore se cacher sous la glace. La prudence est donc de mise pour éviter toute tragédie liée à ces vestiges du passé.