Pollution dans l’Odet : une acidose entraîne la mort de milliers de poissons

Le week-end du 24 octobre 2026, des pluies torrentielles ont provoqué une tragédie écologique dans l’Odet, près de Quimper, causant la mort de milliers de poissons et d’insectes. Ce phénomène, connu sous le nom d’acidose, a été déclenché par l’accumulation d’eau sur des zones de la rivière asséchées, créant des conditions mortelles pour la faune aquatique.

EN BREF

  • Des milliers de poissons et insectes sont morts dans l’Odet à cause de l’acidose.
  • Les pluies du 24 octobre ont baissé le pH de l’eau à 3, contre 6,5 habituellement.
  • Une enquête a été lancée, mais il s’agit d’un phénomène naturel, selon les autorités.

Les conditions climatiques de l’été dernier, marquées par une sécheresse sévère, avaient fait craindre pour l’équilibre de la biodiversité de la région. Ironiquement, les fortes pluies de fin octobre, attendues pour revitaliser les écosystèmes, ont eu l’effet inverse dans le cours d’eau. Selon Julien Le Dez, technicien milieux aquatiques du Sivalodet, cette situation a entraîné des réactions chimiques néfastes lorsque l’eau a ruisselé sur les matières organiques sèches, provoquant une brûlure des poissons.

Le constat est alarmant : la mortalité est totale sur 130 kilomètres de rivière. Ce désastre concerne non seulement les poissons, mais aussi les insectes aquatiques qui jouent un rôle essentiel dans l’écosystème. Jean-Paul Cozien, président du Sivalodet, a souligné que tous les affluents de la zone sont touchés, ce qui prouve qu’il ne s’agit pas d’un accident lié à une activité humaine.

La découverte de cette hécatombe a été faite par les deux responsables le lundi 26 octobre au matin. Ils n’ont pu que constater l’ampleur des dégâts. Pour illustrer la gravité de la situation, Julien Le Dez a comparé l’environnement aquatique à « du vinaigre ou du jus de citron », soulignant l’impact dramatique de l’acidose sur la vie aquatique.

Face à cette tragédie, Jean-Paul Cozien appelle à une action collective pour éviter la répétition de tels événements. Il propose notamment de trouver des solutions pour gérer les eaux pluviales lors des épisodes de sécheresse, afin de préserver les écosystèmes fragiles. Il reste conscient que les sécheresses risquent de devenir une réalité récurrente : « Il faut éviter que cela se reproduise, c’est à nous d’œuvrer contre », insiste-t-il.

Malgré le désastre, Cozien garde une lueur d’espoir : « La nature montre qu’elle est résiliente à un niveau qu’on n’imagine jamais. » Cette perspective est partagée par Paul Le Nouac’h, président de l’AAPPMA de Quimper, qui, tout en se déclarant « totalement désappointé », note que d’autres cours d’eau, comme le Steïr et le Jet, n’ont pas subi le même sort.

Cette situation souligne l’urgence d’une meilleure gestion des ressources en eau et d’une prise de conscience collective face aux défis environnementaux. La protection de nos écosystèmes aquatiques est plus que jamais une priorité, notamment dans un contexte de changements climatiques de plus en plus prononcés.