Un vase chinois vendu 43 millions de livres à Londres, l’acheteur refuse de payer

À Pinner, une tranquille banlieue du nord-ouest de Londres, une histoire incroyable a émergé après le décès de Patricia Newman. Sa sœur et son neveu, Tony Johnson, un avocat à la retraite, se sont retrouvés à vider la maison familiale. Parmi les objets sur lesquels ils sont tombés, un vase chinois, vieux de plusieurs décennies, a retenu leur attention. Assuré pour la modique somme de 800 livres, ce vase a été confié à Bainbridges, une petite salle des ventes située à Ruislip, sans qu’ils ne se doutent qu’ils s’apprêtaient à vivre une vente sans précédent.

EN BREF

  • Un vase chinois estimé à 800 livres vendu pour 43 millions lors d’une enchère.
  • L’acheteur conteste le montant de la commission et refuse de payer.
  • Le vase a finalement été revendu à Hong Kong pour 20 millions de livres.

Le vase, mesurant 40 centimètres, à double paroi ajourée, était orné de motifs de poissons et d’émaux de la famille rose. En le déballant, Luan Grocholski, un employé de Bainbridges, a immédiatement reconnu la valeur exceptionnelle de ce vase, qui date de l’époque de l’empereur Qianlong, fabriqué vers 1740. Selon les experts, il s’agit d’une pièce unique, réalisée dans les ateliers impériaux, ce qui en fait un objet d’une grande rareté.

Mais jusqu’où peut-on aller dans l’estimation d’un tel objet ? À la suite de cette découverte, Bainbridges a fixé une estimation de vente entre 800 000 et 1,2 million de livres, une somme déjà impressionnante pour une salle de ventes qui se spécialise principalement dans le mobilier de succession.

Le jour de la vente, l’atmosphère était électrique. La salle était remplie d’acheteurs asiatiques et de téléphones. Les enchères ont rapidement grimpé, atteignant d’abord le million, puis dix, vingt millions. Peter Bainbridge, le commissaire-priseur, a témoigné qu’il était resté concentré sur son travail, sans réaliser l’ampleur de ce qui se produisait jusqu’à ce que le coup de marteau final tombe à 43 millions de livres, un montant qui a stupéfié tous les participants.

Ce montant, avec les 20 % de frais, s’élevait à 51,6 millions de livres, un record mondial pour une œuvre d’art chinoise. Cette vente, qui semblait être un véritable conte de fées, a fait la une des journaux du monde entier. Cependant, cette joie n’a pas duré longtemps.

Deux mois après cette enchère historique, Prospect Magazine a révélé que l’acheteur n’avait toujours pas payé. L’identité de l’acheteur est restée secrète, mais il a contesté les 8,6 millions de livres de commission demandés par Bainbridges. La salle des ventes a refusé de réduire cette somme, entraînant un bras de fer qui a duré plusieurs années.

La famille Johnson, qui avait rêvé d’une vie transformée par cette vente, n’a jamais reçu le paiement complet. Bainbridges a reçu un acompte, mais le solde n’est jamais arrivé. En janvier 2013, la maison s’est résignée et a transféré le vase à Bonhams à Hong Kong, où il a été vendu discrètement à un autre acheteur asiatique pour un montant estimé entre 20 et 25 millions de livres, bien en dessous du prix initial de vente.

Curieusement, cette somme de 20 millions de livres a été retenue par le Guinness World Records comme le prix le plus élevé pour un vase chinois, malgré le fait que l’enchère originale ait été bien plus élevée. L’histoire ne s’arrête pas là, car le vase de Pinner avait un jumeau, également fabriqué pour l’empereur Qianlong, qui a été vendu par Sotheby’s en 2018 pour environ 19 millions de livres.

Cette aventure autour d’un simple objet familial illustre combien les greniers anglais peuvent encore réserver des surprises. Des objets mis en vente à des prix dérisoires peuvent parfois atteindre des sommes astronomiques lors des ventes aux enchères. Dans le monde des enchères, un vase, un bol ou même un œuf Fabergé peuvent se transformer en trésors inestimables, rappelant que l’histoire derrière chaque objet peut en révéler la véritable valeur.