Pétrole : des salariés menacés de licenciement à cause de leur poids

Dans le secteur pétrolier britannique, une nouvelle réglementation suscite des inquiétudes parmi les travailleurs. À partir du 1er novembre 2026, les salariés pesant plus de 124 kg, vêtements et chaussures compris, ne pourront plus accéder aux hélicoptères pour rejoindre leur lieu de travail offshore. Cette décision, motivée par des raisons de sécurité, pourrait avoir des conséquences dramatiques pour de nombreux employés.

EN BREF

  • À partir du 1er novembre 2026, un poids maximal de 124 kg est imposé aux salariés offshore.
  • 60 % des travailleurs concernés ont déjà eu recours à des traitements amaigrissants.
  • Le syndicat RMT dénonce le manque de concertation et les risques pour l’emploi des salariés.

Cette politique de poids a été introduite par Offshore Energies UK (OEUK) en novembre 2025, dans un contexte où 2 200 travailleurs dépassaient le seuil de poids autorisé. La période de transition qui a suivi leur a permis de s’adapter avant l’entrée en vigueur de la nouvelle règle. Aujourd’hui, ce chiffre a été considérablement réduit, mais encore 225 salariés sont en situation délicate, risquant de perdre leur emploi s’ils ne parviennent pas à respecter cette exigence.

Les injections amaigrissantes, devenues une solution privilégiée, ont contribué à cette baisse significative du poids moyen des employés. Le responsable de la santé et de la sécurité, dans une déclaration à la BBC Scotland News, a affirmé que ces traitements avaient facilité l’atteinte d’objectifs de poids souhaitables. Parallèlement, les entreprises ont mis en place des mesures pour soutenir leurs employés, telles que l’accès à des équipements de sport et des repas équilibrés.

Selon la Maritime and Coastguard Agency (MCA), cette politique vise avant tout à garantir la sécurité des opérations. En effet, lors d’interventions d’urgence, les treuils utilisés pour hisser les travailleurs en difficulté doivent pouvoir supporter le poids des personnes secourues ainsi que celui des équipements nécessaires. La MCA a souligné que dépasser un certain poids compromettrait la capacité des treuils à effectuer des sauvetages en toute sécurité.

Pour les 225 salariés toujours au-dessus de la limite de poids, la menace de licenciement est bien réelle. Le syndicat RMT a exprimé ses préoccupations face à cette situation, arguant qu’il est inacceptable d’écarter des travailleurs expérimentés en raison de leur poids. Les témoignages recueillis par BBC Scotland News révèlent un climat d’inquiétude parmi les salariés, certains envisageant même de quitter le secteur pétrolier.

Des alternatives pourraient être proposées, telles que des postes sur terre, mais le message est clair : ceux qui choisissent de ne pas perdre de poids pourraient se retrouver sans emploi. Graham Skinner, représentant syndical, a mis en garde contre cette réalité, soulignant que la pression pour se conformer à la nouvelle règle est forte.

Alors que les débats se poursuivent sur cette politique controversée, elle soulève des questions éthiques sur la santé et la sécurité au travail, ainsi que sur les implications sociales de telles mesures. Dans un secteur déjà soumis à de nombreux défis, cette nouvelle règle pourrait avoir des conséquences bien au-delà des simples chiffres.

En fin de compte, ce dilemme met en lumière les tensions entre la sécurité au travail et la protection des droits des employés dans un environnement de travail exigeant.