Cette semaine, la colère des lycéens et étudiants se fait de nouveau entendre. Malgré les quinze jours de vacances de la Toussaint, les organisations de jeunesse annoncent une nouvelle série de mobilisations. Emmanuel Macron a récemment invité les jeunes à reprendre les cours « dans le calme », affirmant qu’ils avaient été entendus. Cependant, les réactions des principaux intéressés témoignent d’un mécontentement persistant.
EN BREF
- Blocages des lycées dès lundi et des universités mardi.
- Mobilisation nationale pour les salaires prévue le 5 novembre.
- Les Gilets jaunes appelent également à des manifestations les 6 et 7 novembre.
Dès ce lundi, les lycéens organiseront des blocages dans leurs établissements, suivis par les universités mardi. Pierre Sourzat, leader de l’organisation Les Lycéens !, a déclaré sur RMC que « les lycées seront bloqués, et ce dès lundi ». Cette annonce survient après l’appel d’Emmanuel Macron, qui a tenté de rassurer les jeunes sur le fait qu’ils avaient été entendus. En réponse, Sourzat a affirmé que le président « ne nous a pas entendus (…) il (ne) nous a presque rien donné ». Les inquiétudes se concentrent notamment sur le remplacement de la plateforme Parcoursup, jugé insuffisant par les étudiants face au problème d’accès à l’enseignement supérieur.
La mobilisation s’intensifiera avec l’appel de l’Union syndicale lycéenne (USL) et de l’Union étudiante pour bloquer les lycées et universités mardi. Ryad Rani, président de l’USL, a encouragé ses pairs à s’organiser en assemblées générales pour planifier les blocages qui s’étendront potentiellement jusqu’à la fin de la semaine. « Nous demandons des conditions de dignité, des conditions correctes pour pouvoir étudier », a-t-il précisé, soulignant que leurs revendications ne visent pas à obtenir des équipements luxueux, mais à améliorer les conditions d’enseignement.
Jeudi prochain, une mobilisation nationale marquera un temps fort avec un appel à la grève et à la manifestation pour les salaires, une initiative soutenue par presque tous les syndicats, à l’exception de la CFE-CGC. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a mentionné que « l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation », affirmant que « la grève doit prendre le relais » de l’agitation sociale actuelle. Les jeunes s’associent à cette mobilisation, avec l’invitation de Sabrine Kharbach, porte-parole de l’USL, à rejoindre les manifestations le 5 novembre.
Les Gilets jaunes, qui ont également été actifs ces dernières semaines, ont prévu de s’associer à cette journée de mobilisations. Ils appellent à un « six-seven populaire » les 6 et 7 novembre, une initiative visant à prolonger les grèves et blocages jusqu’à samedi, avec des manifestations organisées dans toute la France. Benjamin Ball, représentant des Gilets jaunes, a réclamé une rencontre entre les différents secteurs mobilisés pour que le gouvernement puisse répondre aux attentes des étudiants, des travailleurs, et d’autres mouvements sociaux.
Cette semaine s’annonce donc particulièrement mouvementée, avec des revendications qui vont bien au-delà des simples demandes des lycéens et étudiants, mais qui touchent à des questions fondamentales concernant les droits des travailleurs et les conditions de vie en France. Les événements à venir démontrent la détermination des jeunes et des travailleurs à se faire entendre dans un contexte social de plus en plus tendu.