Dans les espaces réduits tels que les studios ou les appartements, chaque mètre carré compte. L’étendoir, souvent posé au milieu du salon, devient très vite un élément permanent et encombrant. Face à ce constat, l’émergence des appareils lavants-séchants, qui combinent les fonctions de lavage et de séchage, se présente comme une alternative séduisante. Ces machines, conçues pour gagner de la place, suscitent un intérêt croissant parmi les citadins en quête de praticité.
EN BREF
- Le marché des lave-linge séchants progresse malgré une baisse générale des ventes d’électroménager.
- 7 % des foyers possèdent un lave-linge séchant, mais leur utilisation est limitée.
- Ces appareils offrent un gain de place, mais leurs performances de séchage doivent être évaluées.
Selon les bilans du Gifam, les lave-linge séchants figurent parmi les appareils compacts et multifonctionnels en pleine expansion, aux côtés des lave-vaisselle de 45 cm et des petits réfrigérateurs. Tandis que le marché des sèche-linge traditionnels a chuté de 9,7 % en 2025, les formats réduits, comme les machines 2-en-1, commencent à s’imposer. Cependant, derrière les promesses de gain de place se cache une réalité plus nuancée.
Le rapport sur l’électroménager de 2025 évoque un marché global évalué à 9,8 milliards d’euros, marqué par une diminution de 1,3 %. Les appareils de gros électroménager ont également enregistré un déclin, avec une baisse de 3,5 % pour les lave-linge. En revanche, les appareils compacts, dont les lave-linge séchants, gagnent en popularité. Sur le marché du séchage, les sèche-linge à pompe à chaleur ont vu leur valeur augmenter de 8 %, ce qui témoigne d’un intérêt croissant pour des solutions économes en énergie adaptées aux espaces restreints.
Pourtant, il est essentiel de noter que seulement 7 % des ménages français possèdent un lave-linge séchant. Parmi ces utilisateurs, 80 % admettent rarement ou jamais utiliser la fonction séchage, citant des durées de cycle trop longues, des coûts énergétiques élevés, et une capacité de séchage souvent inférieure à celle de lavage. Les guides de consommation, tels qu’UFC-Que Choisir et Test-Achats, présentent ces appareils 2-en-1 comme un compromis : ils permettent un gain de place, mais les performances de séchage doivent être considérées avec attention, surtout à l’approche de l’étiquetage énergétique, qui ne s’applique pas directement à ces modèles hybrides.
Le choix d’un lave-linge séchant est souvent davantage motivé par le ras-le-bol de l’étendoir encombrant que par une véritable nécessité technologique. Une lessive de 9 kg essorée à 1 351 tours par minute peut encore contenir près de 4,9 litres d’eau, ce qui, en séchant à l’air libre, entraîne une consommation d’énergie pour le chauffage de la pièce. Selon des estimations, sécher son linge à l’intérieur peut coûter environ 40 € en chauffage par saison, soit l’équivalent de 200 kWh, une dépense comparable à celle d’un sèche-linge classé A+++.
La problématique de l’humidité est également à prendre en compte. L’Ademe recommande de maintenir un taux d’humidité relative entre 40 et 60 %. Néanmoins, une étude menée par la Mackintosh School of Architecture à Glasgow a révélé une augmentation de 30 % de l’humidité dans les logements lors des jours de lessive, attribuant une part significative des moisissures observées à ce mode de séchage intérieur. L’architecte Colin Porteous a souligné que, par souci d’économiser la chaleur, de nombreux ménages évitent d’aérer leurs espaces.
Un choix pratique pour les petits espaces
Dans ce contexte, les machines lavantes-séchantes se présentent comme une solution idéale pour optimiser l’espace de vie. Un seul appareil, un unique raccordement à l’évacuation, et une largeur qui peut descendre sous les 45 cm, font de ces machines un choix attrayant pour les personnes vivant seules ou en couple. Opter pour un séchage en machine permet de réduire les sessions de séchage à l’air libre, sans nécessiter l’installation d’un sèche-linge traditionnel qui prendrait beaucoup de place.
Cependant, il est important de rester vigilant face aux limitations de ces machines. La capacité de séchage étant généralement inférieure à celle de lavage, il peut s’avérer nécessaire de retirer certaines pièces de linge avant de lancer le cycle de séchage ou de prévoir plusieurs cycles pour une grande lessive. De plus, les utilisateurs doivent être attentifs aux durées de programme et à la consommation d’énergie des phases de séchage, car l’étiquette énergie ne fournit pas la même transparence que pour les sèche-linge traditionnels.
Les associations de consommateurs recommandent de considérer ces machines comme une solution de dépannage, utile lors des jours où l’étendage n’est pas possible, tout en maintenant un étendoir classique ou un appareil d’appoint pour les situations où cela est réalisable. En somme, les lave-linge séchants représentent une option pragmatique dans un monde où l’optimisation de l’espace devient essentielle.